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	<title>De ci de la, de briques et de bois &#187; pays</title>
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	<description>Un tour du monde des architectures</description>
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		<title>Poivre ou Piment, la suite d&#8217;une aventure</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Jul 2014 12:24:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Elodie]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[18 ET APRÈS ?]]></category>
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		<description><![CDATA[Voilà plus d&#8217;un an que nous sommes rentrés et malgré quelques changements, nous vivons toujours une sorte de re-tour du monde. Que reste-t-il ? Des tonnes et des tonnes de choses à raconter. Voici l&#8217;histoire d&#8217;une belle aventure, Poivre ou Piment, la cuisine à domicile&#8230; On parle souvent des préparatifs d&#8217;un tel voyage, on reste [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Voilà plus d&rsquo;un an que nous sommes rentrés et malgré quelques changements, nous vivons toujours une sorte de re-tour du monde. Que reste-t-il ? Des tonnes et des tonnes de choses à raconter.</p>
<p style="text-align: justify;">Voici l&rsquo;histoire d&rsquo;une belle aventure, <a title="Cuisine traditionnelle de France et du monde" href="http://www.poivre-ou-piment.fr" target="_blank">Poivre ou Piment</a>, la cuisine à domicile&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">On parle souvent des préparatifs d&rsquo;un tel voyage, on reste encore plus passionné par les nombreux récits sur les chemins du monde ; mais finalement, qui nous prévient des enjeux du retour ? Beaucoup restent optimistes et vaguent sur ce sujet. Il est vrai que sur une moyenne faite sur plus d&rsquo;un an, le sourire est bien là et la volonté d&rsquo;aller de l&rsquo;avant aussi. Mais que reste-t-il de ces jours où l&rsquo;on doute ? Ce serait mentir que de dire « Le plus difficile est de partir ». Moi je crois que le plus difficile, c&rsquo;est de rentrer et de reconstruire sa vie avec nos nombreux souvenirs (qui vous assaillis parfois sans prévenir) et notre regard légèrement décalé. Comment être à la hauteur d&rsquo;une telle aventure passée ? Comment faire pour que cela ne soit pas une simple parenthèse ?<br />
Il n&rsquo;y a pas de secret : il faut prendre son temps, être patient avec soi même. Ne pas essayer de suivre la cadence. Ne pas vouloir à tout prix faire comme les autres. Et fort heureusement, un voyage au long cours nous apprend tout ça.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4977" title="Poivre ou Piment" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2014/07/IMG_7846.jpg" alt="Poivre ou Piment cuisine à domicile Puteaux" width="470" height="313" /><br />
Pour entreprendre ce voyage, nous avions tout plaqué, appartement et emplois. De retour sur la capitale, il fallait tout reconstruire. <span id="more-4976"></span>Nuits en dortoirs, sous-location de vacances, cela nous a couté beaucoup d&rsquo;argent et de nombreuses galères mais c&rsquo;était le prix à payer afin de retrouver une boite au lettre temporaire puis un salaire et enfin un logement à nous, qui lui, est arrivé seulement quatre mois après notre débarquement sur Paris. Les temps ont été durs. Nous n&rsquo;avions rien mais nous arrivions quand même à vivre de rien !</p>
<p style="text-align: justify;">Reconstruire&#8230; Un défi bien enrichissant finalement. Car ce qu&rsquo;il y a de formidable après un tour du monde, c&rsquo;est d&rsquo;avoir cette sensation (peut-être éphémère ?) que tout peut nous réussir. Je décide de rebondir. Ayant déjà pris des cours de cuisine dans chaque pays traversés, je me réoriente dans ce secteur qui m&rsquo;a toujours passionné.<br />
Je rejoins donc les rangs avec une première expérience dans un restaurant traditionnel. Je travaille dur et j&rsquo;apprends vite. Mais si la cuisine me passionne, il me manquait pourtant quelque chose de crucial : le contact humain. Je m&rsquo;oriente dans le service à domicile pour travailler aux côtés d&rsquo;auxiliaires de vie dont l&rsquo;écoute, le sourire et la délicatesse sont leur cœur de métier. Ça y&rsquo;est, mon projet prend forme : j&rsquo;irai cuisiner au domicile des familles et des personnes, dépendantes ou non, et je me chargerai de faire les courses.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4978" title="Poivre ou Piment services à domicile Puteaux" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2014/07/IMG_7997.jpg" alt="Poivre ou Piment services à domicile Puteaux" width="470" height="313" /><br />
Ainsi aujourd&rsquo;hui, suite à ce voyage au long cours, j&rsquo;ai monté mon entreprise, Poivre ou Piment, en souvenir du pourquoi elle est née : un mélange d&rsquo;expériences et de saveurs, d&rsquo;ici et d&rsquo;ailleurs. Je souhaitent avant tout aider au quotidien en proposant des menus pour la semaine ou des menus plus élaborés pour les repas entre amis. Je suis une grande amoureuse des visages et des histoires ; la base même de ce projet ce sont mes rencontres faites en France et à l&rsquo;autre bout du monde, comme une suite logique à mon aventure passée. Sur mon menu, on retrouve sans surprise mes racines : le coq au vin de mon père, le saucisson lyonnais de mon enfance et la paella de ma grand-mère. Et le tour du monde ne saurait être complet sans des traditions ramenées droit d&rsquo;Amérique et d&rsquo;Asie ! Car comme une sorte de signe encore imperceptible à l&rsquo;époque, en 2012, je m&rsquo;étais donnée pour mission de prendre des cours de cuisine dans chaque pays traversés. Dahl, empanadas, chicken butter masala, palak paneer, amok, sweet and sour, ceviche, sopa de mani&#8230; Quand le voyage vous permet sans le savoir de construire la suite&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Poivre ou Piment est né</p>
<p style="text-align: justify;"><a title="Poivre ou Piment, cuisine à domicile" href="http://www.poivre-ou-piment.fr/" target="_blank">www.poivre-ou-piment.fr</a></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4979" title="Poivre ou Piment cuisine cambodgienne à domicile" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2014/07/Amok.jpg" alt="Poivre ou Piment cuisine cambodgienne à domicile" width="470" height="313" /></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4980" title="Poivre ou Piment cuisine péruvienne à domicile" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2014/07/Ceviche.jpg" alt="Poivre ou Piment cuisine péruvienne à domicile" width="470" height="313" /></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4982" title="Poivre ou Piment cuisine indienne à domicile" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2014/07/IMG_4317.jpg" alt="Poivre ou Piment cuisine indienne à domicile" width="470" height="313" /></p>
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		<title>Dilli</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Mar 2013 06:30:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Elodie]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[16 INDE]]></category>
		<category><![CDATA[couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[odeurs]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Le brouillard s&rsquo;est installé. Nous sommes en Février, c&rsquo;est normal, c&rsquo;est la saison. Nous nous faufilons dans une rue. Elle est toute petite et sinueuse. Immédiatement à sa droite, nous distinguons un autre passage et à sa gauche une autre rue prend place qui elle aussi mène rapidement à un autre minuscule passage. Notre rue est sombre. On ne voit presque pas le ciel et même si le brouillard s&rsquo;était dissipé &#8211; ce qui n&rsquo;arrivera probablement pas aujourd&rsquo;hui &#8211; les rayons du soleil peineraient à entrer dans ce labyrinthe énigmatique.  Devant nous : des boutiques, des commerces, des hôtels à n&rsquo;en plus finir. Le premier commerce, mis en valeur par une enseigne en néon clignotant et rafistolé laisse très vite place à une espèce d&rsquo;étage supplémentaire abritant une autre espèce de commerce aux produits &laquo;&nbsp;abracadabrantesque&nbsp;&raquo; dont l&rsquo;escalier de secours à demi ravagé par le temps permet d&rsquo;accéder à une autre boutique ou hôtel, voir les deux, accrochée aux deux étages d&rsquo;en dessous par je ne sais quoi ; un hôtel suivi d&rsquo;une guesthouse qui mène à une autre commerce puis un toit terrasse. Cette rue est un enchevêtrement de cube posés presque au hasard les uns sur les autres, comme si un enfant s&rsquo;était amusé à jouer au jeu &laquo;&nbsp;tetris&nbsp;&raquo; afin de construire la vie de son quartier.</p>
<div id="attachment_4500" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4500" title="Panhar Ganj" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/Capture-d’écran-2013-03-05-à-22.45.08.png" alt="Panhar Ganj" width="470" height="264" /><p class="wp-caption-text">Quartier de Panhar Ganj</p></div>
<p>L&rsquo;air est humide, nous avons un peu froid et l&rsquo;obscurité ne nous aide en rien à nous réchauffer. <span id="more-4478"></span>Au pied des commerces, d&rsquo;autres commerces mais cette fois-ci ils sont installés au milieu de la rue ; comme si en bloquant le passage à tous les véhicules, ils feraient plus fortune. Et, ça marche.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4479" title="Old Delhi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/IMG_8765.jpg" alt="Old Delhi" width="470" height="705" />Des dizaines et des dizaines de vendeurs ont pris place dans la rue, n&rsquo;importe comment. Ils vendent des bouts de tissus, de l&rsquo;encens, des sculptures de divinités hindoues, des cacahouètes grillés, des oranges, des papayes prédécoupées, des samosas huileux, des yaourts brassés ; il y en a même qui nous fournissent de la fumée de charbon de bois &#8211; qui vient se coller à notre visage &#8211; et ça, gratuitement. Les stands aux allures improvisées coexistent comme si ces centaines de planches posés sur des cailloux à même le sol afin de présenter la marchandises, ne formaient plus qu&rsquo;un immense marché non organisé. Chez nous, on appelle ça un bazar, ici ça tombe bien, avec un brin de lucidité, ils appellent aussi ce lieu &laquo;&nbsp;bazaar&nbsp;&raquo;.</p>
<div id="attachment_4493" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4493 " title="Old Delhi, ville sombre" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/IMG_8768.jpg" alt="Old Delhi, ville sombre" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Si tous les commerces étaient ouverts... Elodie serait emportée par la foule !</p></div>
<p>Les hommes crient et certains chantent aussi. Les vendeurs ambulants avec leurs paniers posés sur la tête entament inlassablement un refrain avec une certaine harmonie. Leurs mélodies décideront peut-être les futurs acheteurs indécis ou préviendront les hommes réfugiés dans leur foyer dans les immeubles d&rsquo;à côté qu&rsquo;ils peuvent se précipiter dans la rue dépenser leurs roupies dans un en-cas fraîchement préparé. Vite vite, descend les escaliers, un dhal fumant (soupe de lentille indienne) est en train de passer ! Les cris et les chansons de ces hommes, vendeurs et acheteurs, s&rsquo;entremêlent au point que nous nous demandons, bon sang, comment font-ils pour se comprendre ??</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4499" title="Fleurs pour les temples hindous" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/DSC00876_new.jpg" alt="Fleurs pour les temples hindous" width="470" height="560" />Au milieu de ce bazaar, de trop nombreux véhiculent circulent. Voitures de luxe, voitures-épaves qu&rsquo;il faut pousser pour espérer démarrer, cyclo pousse, pousse pousse, touk touk, rickshaw, camionnettes, bicyclettes. Tout le monde est bien là &#8211; on dirait que toute l&rsquo;Inde est réunie ici &#8211; sans que personne ne se soucie de l&rsquo;autre. Chacun avance persuadé qu&rsquo;il sera le premier à passer. Évidemment, le code de la route indien ne fonctionne pas, trois files se sont crées sur une rue qui ne peut n&rsquo;en accueillir qu&rsquo;une. Une vélo qui tente de passer au milieu de la voie tandis que sur sa gauche deux rickshaw roulent à toute allure et qu&rsquo;un vendeur traverse la rue avec sa planche de bois et ses fruits coupés, alors que toujours sur la gauche, mais en sans inverse, une voiture fait demi tour tranquillement… voici un joli tableau de la circulation indienne. Lorsque la situation dure plus de deux secondes, bien sûr, une tornade de klaxons déferle sur notre rue. Nous fermons les yeux, grimaçons. C&rsquo;est que c&rsquo;est douloureux. Les klaxons, évidemment trafiqués (pour faire encore plus de bruit qu&rsquo;autorisés) se chevauchent les uns sur les autres et partent comme des éclats de verre. Certains se trouvent à seulement quelques centimètres de nos oreilles et nous font temporairement devenir sourds. Aïe ! Ils m&rsquo;énervent quand ils font ça !<br />
N&rsquo;allez pas croire que nous ne sommes pas habitués à cette pluie de klaxons… Le Vietnam et ses rues trop chargées, le Cambodge et ses khmers un peu indisciplinés… Non, ce n&rsquo;était qu&rsquo;une partie de plaisir. La rue en question ici est une déclaration de guerre à nos oreilles.<br />
Nous essayons d&rsquo;avancer au milieu de cela, de nous promener les yeux en l&rsquo;air, à l&rsquo;aveuglette peut-être ? Mais les brusques coups de freins successifs des rickshaws pour ne pas nous percuter, prêts à grappiller le moindre centimètre, nous empêchent d&rsquo;avoir une longue ballade innocente. Nous n&rsquo;arrivons pas à tenir notre chemin droit. Les indiens pourtant, eux, y arrivent ! Ils avancent doucement, péniblement quelques fois. Ils s&rsquo;arrêtent, reprennent leur marche, bousculent les voyageurs comme nous avec leurs épaules ou leurs coudes et surtout, avancent droit. Ils n&rsquo;hésitent pas à mettre les pieds dans une flaque de boue, même s&rsquo;ils sont en tong. Ils n&rsquo;hésitent pas non plus à marcher dans les immenses piles de détritus qui jonchent la totalité de notre rue. Nous les observons avec curiosité et eux, doivent sûrement se marrer de nous voir hésiter et dériver autant à chaque minute pour esquiver, par exemple, les bouses de vaches.</p>
<div id="attachment_4486" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4486" title="Les vaches indiennes sont libres comme l'air." src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/IMG_8771.jpg" alt="Les vaches indiennes sont libres comme l'air." width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Les vaches indiennes sont libres comme l&#39;air et le cyclo pousse a dépassé les 50 à son compteur !</p></div>
<p>Les odeurs aussi sont à l&rsquo;honneur dans notre rue. Les marchants brûlent de l&rsquo;encens du matin au soir, disposé à côté de leurs marchandises, même si elles s&rsquo;avèrent être des fruits prédécoupés. Ils demandent la bénédiction des divinités. D&rsquo;autres marchants présentent leurs échantillons de parfums, recueillis dans de toutes petites fioles en verre transparent, comme une boutique de magie ou de sorcières. Eau de rose, jasmin, violette embaument la rue. Les épices régulièrement prennent la relève. Piment fort, cumin, anis, cardamome, masala, etc. C&rsquo;est une vraie féérie. &laquo;&nbsp;Ça sent bon l&rsquo;Inde Fabien !&nbsp;&raquo; Il n&rsquo;aura pas fallu plus de cinq minutes pour que je révise mon affirmation. Nous passons une fois de plus trop près &#8211; pour ne pas dire dedans &#8211; d&rsquo;une montagne de détritus avec une touche de déjections de vaches par ci par là (les vaches sont fournies avec). Sur les murs, une odeur d&rsquo;urine est tellement forte qu&rsquo;on imagine le chemin qu&rsquo;elle parcourt jusqu&rsquo;à nos narines (le monsieur en train de faire ses besoins face à nous est fourni avec). Les égouts à ciel ouvert aussi déversent leurs ruisseaux d&rsquo;odeurs. Nous voici dans le monde merveilleux des odeurs en Inde. Je n&rsquo;ai pourtant jamais eu le nez sensible jusqu&rsquo;ici ?…</p>
<p><img class="aligncenter" title="Notre rue, animation dès le lever du jour..." src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/Delhi-rue.jpg" alt="Notre rue, animation dès le lever du jour..." width="470" height="353" /></p>
<p>Je sens tout à coup une petite main qui me tire la bas gauche de mon pull. Je m&rsquo;écarte. La petite main continue à tirer de manière déterminée. Je baisse alors les yeux. C&rsquo;est une enfant, une petite fille de cinq ans. Sans lâcher mon pull et en boitillant pour suivre mes pas, elle me pointe du doigt son jeune frère ou un copain, lui assis sur le sol au milieu des ordures. Les vieux tissus accrochés aux tuyaux d&rsquo;évacuations des immeubles, m&rsquo;indiquent qu&rsquo;ils sont chez eux, protégés du vent par deux épais cartons. La petite fille me fixe avec ces grands yeux ronds et noirs. Elle ne sourit pas. Je ne lis aucune pensée d&rsquo;enfant de son âge dans son regard. Il est froid et solide, plein de lucidité. Elle veut de l&rsquo;argent. Non, même pire, elle veut juste manger. Ses habits sont noirs de poussières et déchirés. Elle tient sur son dos un espèce de sac à ordures, ordures qu&rsquo;elle doit probablement récupérer en nettoyant la rue pour se faire quelques roupies à la fin de la journée. Elle ne parle pas beaucoup et se contente de s&rsquo;agripper à moi sur cent mètres. Que faire ? Les interrogations se bousculent dans ma tête. Je n&rsquo;ai rien à lui donner. J&rsquo;ai les poches vides et puis… même si je le pouvais ? Ils sont plus de 200 000 enfants dans cette situation rien qu&rsquo;à Delhi.<br />
Nous accélérons le pas. Fabien attrape la main de cette petite fille pour la soulever du sol comme dans un manège (et pour la détacher de mon pull aussi). Elle rie aux éclats. Un étranger qui s&rsquo;amuse avec une enfant des rues, cela ne doit pas arriver tous les jours. Nous la propulsons en l&rsquo;air plusieurs fois pendant quelques minutes. Elle aime beaucoup. Lorsque nous la lâchons pour lui dire au revoir, elle nous sourit, demande des roupies  comme un refrain tout appris, puis aussitôt s&rsquo;en va en secouant la main pour nous dire au revoir ou peut-être merci. C&rsquo;était une gamine de cinq ans. Notre première confrontation avec la mendicité sera choquante. Mais en Inde, il faudra faire avec.</p>
<p>Delhi attire beaucoup de monde ; des voyageurs, des indiens, des familles en pèlerinage qui dans la foule dense des temples en un instant, perdent leurs enfants qui alimenteront alors ce triste chiffre d&rsquo;enfants abandonnés dans les rues.</p>
<p>Delhi a beaucoup d&rsquo;odeurs et de bruits. Il est impossible d&rsquo;y être insensible. Pour les indiens, Delhi se dit &laquo;&nbsp;Dilli&nbsp;&raquo;, la ville qui est enfouie dans leur coeur. &laquo;&nbsp;Ça vient de là !&nbsp;&raquo; dit un homme en tapotant avec sa main droite le coté gauche de sa cage thoracique.</p>
<div id="attachment_4480" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4480" title="Old Delhi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/IMG_8775.jpg" alt="Old Delhi" width="470" height="705" /><p class="wp-caption-text">Dans les vieilles rue de Old Delhi, il n&#39;est pas rare de tomber sur des trésors anciens...</p></div>
<p>La ville accueille de très nombreuses confessions, qui même si elles n&rsquo;ont pas toujours coexisté en paix, finissent par vivre ensemble sans quartier prédéfinis. Les nombreux temples en témoignent dans cette capitale : aux côtés d&rsquo;une majorité hindoue et d&rsquo;une minorité musulmane évoluent d&rsquo;autres religions ou états d&rsquo;esprits ; sikh, jaïn, bahá’ies, bouddhiste. Delhi brille par cet enchevêtrement de multiples confessions. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre ville, à ce que je sache, qui comporte à la fois des mosquées et à proximité, des temples hindous et une synagogue, églises, temple sikhs. Ce serait presque un modèle… si je ne savais l&rsquo;histoire indienne. En tout cas, l&rsquo;idée est là et elle est belle.</p>
<div id="attachment_4491" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4491" title="Jama Masjid, la plus grande mosquée d'Inde" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/IMG_8764.jpg" alt="Jama Masjid, la plus grande mosquée d'Inde" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Jama Masjid, la plus grande mosquée d&#39;Inde</p></div>
<div id="attachment_4485" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4485" title="Mémorial de Gandhi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/IMG_8786.jpg" alt="Mémorial de Gandhi" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Mémorial de Gandhi, un homme qui a toujours milité pour une Inde unie, quelque soit les religions...</p></div>
<p>Nous pénètrerons dans un temple sikh. Nous serons accueillis à bras ouverts. Une pièce au sous sol a été conçue pour rencontrer les étrangers où un adepte nous mettra rapidement à l&rsquo;aise.  Il a un turban sur la tête et une grosse barbe. Vous connaissez les sikhs ? C&rsquo;est ces messieurs qui doivent se couvrir et ne plus jamais se raser, l&rsquo;image de l&rsquo;Inde que l&rsquo;on véhicule dans nos médias en France. Ce monsieur là nous expliquera la conduite à tenir si jamais nous voulions par hasard entrer dans le temple avec les autres adeptes. S&rsquo;il n&rsquo;avait pas été là, je crois que nous ne l&rsquo;aurions pas fait. Cette religion était et restera un grand mystère. Nous devons tout d&rsquo;abord nous déchausser et nous mettre pieds nus (pas de chaussettes). Fabien se verra remettre un bandana orange et on me fera comprendre qu&rsquo;avec mon foulard il faudra que je me recouvre la tête.</p>
<div id="attachment_4494" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4494" title="Gurudwara Bangla Sahib" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/IMG_8762.jpg" alt="Gurudwara Bangla Sahib" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Gurudwara Bangla Sahib</p></div>
<p>Le plus discrètement possible, nous entrons dans l&rsquo;enceinte du temple et observons nos voisins. Dès l&rsquo;entrée, des robinets sont installés avec du savon et un petit cours d&rsquo;eau circule au pied d&rsquo;un escalier. Chacun plonge ses pieds dedans pour les rincer puis nettoie ses mains. Nous faisons de même. Après l&rsquo;ascension de l&rsquo;escalier, nous arrivons au pied du bâtiment. Tous les fidèles, hommes, femmes et enfants, s&rsquo;agenouillent pour embrasser la pierre de l&rsquo;entrée. A l&rsquo;intérieur, sur un gros coussin trois hommes chantent dans un micro. Ils récitent des prières, je pense, et nos voisins après s&rsquo;être courbés, se sont désormais assis pour les écouter en silence. A la fin de la prière, une file s&rsquo;est créé sur le côté et chacun recevra une assiette avec un gâteau. Les gens ressortent alors comme ils sont entrés, en s&rsquo;agenouillant et en embrassant la pierre près de la sortie. Toujours dans l&rsquo;enceinte du temple mais cette fois à l&rsquo;extérieur, un bassin a été aménagé. Il aurait, parait-il, des propriétés curatives. Les fidèles trempent un à un leurs pieds dans l&rsquo;eau et se lavent le visage plusieurs fois.</p>
<div id="attachment_4495" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4495" title="Enfant qui se baigne ou s'amuse ?" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/IMG_8737.jpg" alt="Enfant qui se baigne ou s'amuse ?" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Enfant qui se baigne ou s&#39;amuse ?</p></div>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4488" title="Homme de confession sikh" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/IMG_8742.jpg" alt="Homme de confession sikh" width="470" height="705" /></p>
<p><img class="aligncenter" title="Temple sikh" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/IMG_8735.jpg" alt="Temple sikh" width="470" height="313" /></p>
<p>Nous resterons en retrait à observer ces gens, fascinés par une telle ferveur et une religion que nous ne connaissons pas. Même si énigmatique, elle nous touchera quand même. Nous voilà propulsés, que l&rsquo;on veuille ou non, dans le &laquo;&nbsp;continent indien&nbsp;&raquo;, une terre très mystérieuse , à la culture qui lui est propre.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4496" title="Devant un temple sikh à Delhi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/IMG_8750.jpg" alt="Devant un temple sikh à Delhi" width="470" height="313" /></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4489" title="Gurudwara Bangla Sahib" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/IMG_8760.jpg" alt="Gurudwara Bangla Sahib" width="470" height="705" /></p>
<p>Première journée à Delhi et nos impressions sont déjà fortes. Des odeurs, des couleurs, des sensations ! Des palais, de somptueuses sculptures, des tombeaux !</p>
<div id="attachment_4490" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4490" title="Tombeau de Humayun" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/IMG_8841.jpg" alt="Tombeau de Humayun" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Tombeau de Humayun</p></div>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4487" title="Tombeau de Humayun" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/IMG_8819.jpg" alt="Tombeau de Humayun" width="470" height="313" />Les rues anarchiques aux routes encore en terre par endroit et aux immeubles ravagés par le temps, accueillent chaque jour tout ce petit monde. L&rsquo;Inde héberge plus d&rsquo;un milliard d&rsquo;habitant et se prépare à dépasser la Chine. Les indiens marchent droit, ils se bousculent violemment et ne s&rsquo;excusent même pas. D&rsquo;où provient l&rsquo;expression &laquo;&nbsp;file indienne&nbsp;&raquo; ? C&rsquo;est une belle ânerie.</p>
<p>Nous sommes pris dans un tourbillon infernal de sensations et il y a impossibilité de s&rsquo;en sortir. Que faire ? Suivre le mouvement. Le soir, nous serons épuisés. La réalité n&rsquo;est pas facile. Les indiens ne sont pas des tendres, ils ne sourient pas souvent, même pas entre eux. Chacun doit sa propre réussite à ses facultés à dépasser les autres. Si un homme se fait renverser par une voiture, personne ne viendra le relever. En une heure seulement, j&rsquo;ai failli moi même me faire renverser par plusieurs véhicules. Cela m&rsquo;a marqué car dans le reste de l&rsquo;Asie, quand la circulation était bouchée et que nous voulions traverser, les véhiculent s&rsquo;adaptaient à notre pas… c&rsquo;est fini en Inde.</p>
<p>Quand on demandait aux autres voyageurs avant de partir ce qu&rsquo;il pensait de ce pays, ils nous répondaient &laquo;&nbsp;Aaaah l&rsquo;Inde…&nbsp;&raquo; Mais qu&rsquo;est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Aujourd&rsquo;hui, en sortant de mon lit, j&rsquo;ai été bercée par les chansons des vendeurs ambulants de rue &laquo;&nbsp;Chai chai !&nbsp;&raquo;(thé indien). Toujours dans la même auberge, trente minutes plus tard, j&rsquo;étais transportée gustativement par un petit déjeuner indien traditionnel. La télé allumée pas loin diffusait des musiques de Bollywood, composées de centaines de danseurs aux costumes colorés. Ce pays, s&rsquo;il n&rsquo;existait pas, il faudrait l&rsquo;inventer ! Une heure plus tard, trois rickshaw manquaient de me percuter, une petite fillette des rues s&rsquo;agrippait à mon pull et un corps, sûrement trop attaqué par l&rsquo;alcool consommé la veille, gisait au milieu de la route, inerte. Et personne ne s&rsquo;en souciait.</p>
<p>Les indiens ont un caractère dur. Je sens qu&rsquo;ils réussiront à forger mon propre caractère. Et je les remercie pour ça. En l&rsquo;espace d&rsquo;une journée, je me suis mise à la fois à adorer l&rsquo;Inde passionnément puis à la détester. Ces sentiment sont déstabilisants.</p>
<p>Il faut pourtant déjà quitter Delhi. J&rsquo;ai l&rsquo;impression de n&rsquo;y avoir rien fait, rien vu, mais d&rsquo;y avoir ressenti le pays tout entier ; d&rsquo;avoir grandi aussi. Je sais que nous retournerons un jour dans cette ville. C&rsquo;est obligé. Je suis si impatiente de retrouver ma Dilli&#8230;</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4484" title="Colorant indien sur le marché" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/03/DSC00881-e1362495539949.jpg" alt="Colorant indien sur le marché" width="470" height="626" /></p>
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		<title>Portraits Birmans</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Feb 2013 11:02:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Elodie]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[15 MYANMAR]]></category>
		<category><![CDATA[découverte]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est par les chants de la cérémonie des prières du monastère d&rsquo;à côté que nous nous réveillerons ce matin là. La nuit a été courte. Fabien a ouvert les yeux dès l&rsquo;aurore lorsque les moines ont commencé à réciter leurs textes et moi, j&rsquo;ai vomi au beau milieu de la nuit. Un ananas n&rsquo;était pas passé. Rien de bien grave car nous nous lèverons en pleine forme et prêts à avancer jusqu&rsquo;au bout du monde.<br />
Notre guide arrivera en avance, le sourire jusqu&rsquo;aux oreilles. Il n&rsquo;a qu&rsquo;un petit sac sur le dos, un bonnet sur la tête et un coupe vent pour se protéger du froid matinal ; alors que mon sac à dos doit peser sept kilos. Et le gros sac de Fabien, reconverti pour l&rsquo;occasion en sac de randonnée &#8211; sa vocation initiale &#8211; contient vêtements de nuit, vêtements thermiques, polaires, trousse de secours et sacs de couchage. Pour finir notre séjour au Myanmar, nous avons souhaité partir en trek de deux jours (grande première dans ce voyage !), cela fait longtemps qu&rsquo;on en rêve, afin de sortir des sentiers battus. Sortir des sentiers battus dans ce pays demande plus de travail qu&rsquo;auparavant. Le circuit de randonnée &laquo;&nbsp;incontournable&nbsp;&raquo; Kalaw &#8211; Inle est désormais surexploité. Il sort de presque toutes les bouches des voyageurs rencontrés, à tel point que cela nous donne envie de vomir (j&rsquo;insiste, c&rsquo;est l&rsquo;ananas qui n&rsquo;est pas passé). Nous aimons les birmans et c&rsquo;est seuls que nous aimerions les rencontrer.</p>
<p>Choisir un trek à partir d&rsquo;Inle plutôt que Kalaw pour nous enfoncer dans le plateau de la minorité Shan dans les montagnes fut une bonne idée. Nous ne serons que tous les deux avec notre guide, de son nom : Saw Win Thiha,  un privilège. Revers de la médaille : il nous en coutera 20$ par personne et par jour, une fortune ici. Le pays a augmenté ses prix face à l&rsquo;arrivée du tourisme (surtout, il n&rsquo;arrive pas à gérer la trop grande affluence touristique). Nous tenions cependant à ce trek, alors c&rsquo;est parti !</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4446" title="Trek Inle de deux jours" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8473.jpg" alt="Trek Inle de deux jours" width="470" height="313" /></p>
<p>Saw Win s&rsquo;avéra être un un sacré gaillard, plein d&rsquo;énergie et surtout il a ce caractère typiquement birman que l&rsquo;on aime bien : il est bavard. <span id="more-4433"></span>Très vite, nous faisons connaissance et chacun connaîtra la vie de l&rsquo;autre. Saw Win est guide depuis environ dix ans et presque tous les jours il part marcher dans les alentours du lac. Une première fois, il fait le circuit Kalaw &#8211; Inle puis il enchaine avec celui d&rsquo;Inle vers les montagnes de l&rsquo;Est (il avouera aussi que cette partie est sa préférée). Pendant la haute saison touristique il part une fois par semaine, soit six jours de randonnée, et ne passe que deux soirées avec sa famille. Le reste de l&rsquo;année, il ne part que deux fois par mois et profite de sa femme et de son fils de deux ans. Durant ces longs mois sans réel emploi, il cherche à cumuler les petits boulots, dans l&rsquo;hôtellerie par exemple. Mais il semble bien plus préoccupé à passer tout son temps avec les gens qu&rsquo;il aime et qu&rsquo;il voit peu pendant quatre mois, et il a raison.</p>
<p>Saw Win n&rsquo;a pas toujours été guide, il a consacré quatre ans de sa vie à prier et à réciter les enseignements de Bouddha. Quatre ans de vie monastique qu&rsquo;il évoquera avec un beau sourire. Son choix d&rsquo;être moine, pleinement assumé, lui apportera des qualités chères : douceur, respect, humilité, générosité et cette faculté que certains hommes ont perdus, admirer le paysage immobile et se ressourcer en écoutant le silence.</p>
<p>Dès la première heure de marche, nous nous éloignerons du centre de la ville pour nous enfoncer dans des coins que nous n&rsquo;avions jamais vu. Le visage des gens change progressivement à mesure que l&rsquo;on avance, il devient plus amical. Puis, enfin, nous quittons la route pour prendre un petit sentier en terre qui ne nous quittera plus pendant deux jours. Nous voilà entourés de champs et de divers arbres fruitiers. Le paysage est sec en ces temps de post-mousson et d&rsquo;ailleurs nos vêtements le ressentent, une couche de poussière maronnasse commence à recouvrir le bas des jambes.</p>
<div id="attachment_4465" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4465" title="De l'eau pour tout le monde au Myanmar !" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/S1310017.jpg" alt="De l'eau pour tout le monde au Myanmar !" width="470" height="264" /><p class="wp-caption-text">Vases régulièrement rencontrés sur notre chemin dans tout le pays</p></div>
<p>Nous ferons une halte de quelques minutes sous un arbre. Une sorte de cabane surélevée en bois a été aménagée. Elle recueille en son centre un gros vase en terre cuite recouvert d&rsquo;une assiette métallique avec par dessus un gobelet en plastique renversé. J&rsquo;avais déjà vu ça plusieurs fois depuis notre arrivée au Myanmar, même dans les villes. Saw Win nous expliquera que dans son pays, les habitants mettent à disposition gracieusement de l&rsquo;eau préalablement bouillie (donc potable) pour tout ceux qui auraient soif. Après ces paroles, il plongera dans le vase le gobelet fourni et le ressortira avec de l&rsquo;eau claire à raz bord. &laquo;&nbsp;Hum, ça fait du bien&nbsp;&raquo;. Ce pays est plein de surprises. Vous ai-je déjà raconté que le Myanmar est l&rsquo;un des rares pays où chaque matin les moines reçoivent encore de la nourriture dans leur bol et ne survivent que grâce à ça ? (au Cambodge et en Thaïlande, c&rsquo;est désormais l&rsquo;argent qui a remplacé la soupe et le riz offert par la population aux monastères). Je souris depuis, à chaque fois que je passe devant ces énormes vases remplis d&rsquo;eau offerte par la population pour la population, celle qui serait un jour dans le besoin. Les birmans sont des gens bons.</p>
<p>La suite de notre marche nous mènera a une petite école de village des montagnes. Les enfants ont entre quatre et dix ans, tous réunis dans la même pièce, mais divisée, elle, par trois tableaux pour créer trois catégories d&rsquo;apprentissage. L&rsquo;école est obligatoire jusqu&rsquo;à onze ans au Myanmar, incroyable ? Et l&rsquo;anglais est introduit dans les programmes dès la maternelle au même titre que la grammaire. Notre ami fut surpris d&rsquo;apprendre qu&rsquo;en France notre génération n&rsquo;a commencé qu&rsquo;à onze ans.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4441" title="Petite école d'un village près d'Inle" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8442.jpg" alt="Petite école d'un village près d'Inle" width="470" height="313" /><br />
A notre passage, les p&rsquo;tits loups seront particulièrement déstabilisés. La maîtresse, elle, tentera de continuer ses leçons malgré que les deux-tiers de ses élèves fixent les deux étrangers derrière la fenêtre et se battent pour avoir un maximum de coucou de leur part.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4442" title="Écoliers birmans" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8448.jpg" alt="Écoliers birmans" width="470" height="705" /></p>
<p>La suite de notre journée nous conduira toujours plus haut ! Nous monterons sans cesse sur les hauteurs, de col en col et la vue se dégagera progressivement. Sur notre chemin, nous rencontrerons quelques habitants des montagnes, venus travailler pour la journée dans leurs champs.</p>
<div id="attachment_4445" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4445" title="Femmes dans les champs" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8469.jpg" alt="Femmes dans les champs" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Sur notre chemin</p></div>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4462" title="Dans les montagnes du plateau shan" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8616.jpg" alt="Dans les montagnes du plateau shan" width="470" height="313" /></p>
<div id="attachment_4449" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4449" title="Plateau Shan" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8483.jpg" alt="Plateau Shan" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Un peu de solitude en pleine campagne, ça fait du bien...</p></div>
<p>Le plateau Shan s&rsquo;avére être très agricole. On fait pousser de tout : oignon, ail, chou fleur, pomme de terre, blé, avocat, orange, papaye et j&rsquo;en passe. Nous sommes surpris de découvrir une terre aussi fertile et riche en produits de consommation. Et cela nous ravis ! Depuis que nous sommes arrivés dans ce pays, le pain de mie a été réintroduit dans nos assiettes, les nouilles de blé complet sont appréciées autant que le riz et la profusion de légumes ou de fruits que l&rsquo;on a l&rsquo;habitude de consommer chez nous est réconfortante  (lentilles, courges, pomme, orange-orange… car l&rsquo;orange en Asie est verte !). D&rsquo;ailleurs, une campagne rigolote circule dans les écoles : pour votre santé, mangez cinq fruits et légumes par jour. <del>Peut-être devrait-on nous en inspirer en France ?</del></p>
<div id="attachment_4443" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4443" title="Un papayer" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8450.jpg" alt="Un papayer" width="470" height="705" /><p class="wp-caption-text">Savez-vous à quoi ressemble un papayer ?</p></div>
<div id="attachment_4463" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4463" title="Pousse de soja" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8618.jpg" alt="Pousse de soja" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Et du soja ?</p></div>
<p>Nous traversons de beaux paysages vallonnés, recouverts de champs, aux différentes couleurs. Nous découvrons alors la triste réalité. Comment se fait-il que ce pays aussi riche (qui l&rsquo;aurait cru ?) soit finalement resté aussi pauvre à cause d&rsquo;un gouvernement peu décidé à aider sa population (pardonnez moi ces termes mais je crois que je peux).</p>
<p>Une mauvaise répartition des richesses nous saute aux yeux depuis quelques temps. En effet, le Myanmar possède les plus grosses pierres précieuses au monde, un sol particulièrement fertile &#8211; mentionnons que ce pays a été le premier exportateur mondial de riz il y a soixante ans . Le Myanmar a, de plus, la chance d&rsquo;avoir une des réserves en teck, ce bois qui ne pourrit pas, la plus importante et il possède en quantité plus qu&rsquo;honorable des minerais, d&rsquo;argent, d&rsquo;or… et quoi ??! Voilà ce qu&rsquo;est devenu le Myanmar ?!…</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4444" title="Trek au lac d'Inle dans un champ de blé" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8458.jpg" alt="Trek au lac d'Inle dans un champ de blé" width="470" height="313" /></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4461" title="Paysage vallonné du plateau shan" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8595.jpg" alt="Paysage vallonné du plateau shan" width="470" height="313" /></p>
<p>Saw Win nous guidera à travers les immenses plantations de feuilles à cigares, une des principales sources de revenus des villages installés dans cette partie de la montagne. Une fois la récolte passée, la feuille séchée et empaquetée, les villageois descendent aux villes principales autour du lac afin de les vendre sur les marchés. Un quotidien qui nous laisse admiratif car ces gens doivent effectuer le trajet que nous sommes en train de faire en tant que trek, soit six ou dix heures de marches à pied, parfois sous un soleil brulant.</p>
<div id="attachment_4434" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4434" title="Champs de cigare" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/Capture-d’écran-2013-02-24-à-14.08.38.png" alt="Champs de cigare" width="470" height="264" /><p class="wp-caption-text">Des arbres à feuille de cigare !</p></div>
<div id="attachment_4464" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4464" title="Villageois des montagnes en marche pour vendre leur bois sur les marchés du lac" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8623.jpg" alt="Villageois des montagnes en marche pour vendre leur bois sur les marchés du lac" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Villageois des montagnes en marche pour vendre leur bois sur les marchés du lac</p></div>
<p>Les haltes dans les villages seront les bienvenues. Le midi nous seront invité par une jeune famille dans leur maison tout de bambou construite. Seul le plafond est en taule, ici noble matière qui protège de la pluie. La maison est des plus sommaire : trois petites pièces, chacune de cinq mètre carré (S ou pas S, Fanny ?), une pour la cuisine, une pour le séjour et une pour faire dormir toute la famille. Il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul meuble, celui qui abrite une télé qui ne doit pas être allumée tous les jours. Le reste de la vie se passe à terre sur des nattes de bambou tressées. Cependant aujourd&rsquo;hui, la famille nous a réservé une table vernie pour enfant, qui ne doit pas servir elle non plus tous les jours. Il est midi, il fait bon et le lieu calme invite à une sieste à terre. Mais la vue sur les (trop) nombreux trous dans les parois de bambou nous mènent à penser qu&rsquo;il ne doit pas vraiment faire chaud la nuit ici. Et c&rsquo;était peu dire…</p>
<div id="attachment_4448" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4448" title="Village du plateau shan" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8475.jpg" alt="Village du plateau shan" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Le premier village rencontré (nous n&#39;en croiserons que trois en deux jours)</p></div>
<div id="attachment_4447" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4447" title="Maison birmane" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8474.jpg" alt="Maison birmane" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Pause dans cette maison typique du Myanmar</p></div>
<div id="attachment_4435" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4435" title="Chez l'habitant" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/Capture-d’écran-2013-02-24-à-14.09.53.png" alt="Chez l'habitant" width="470" height="264" /><p class="wp-caption-text">Déjeuner chez l&#39;habitant</p></div>
<p>Deux heures trente de marche après le déjeuner, nous arrivons dans un second village pour passer la nuit. Nous serons accueillis dans une belle maison tout en bois, construite sûrement par le chef de famille. Une grand-mère nous conduit dans la pièce principale et nous fait signe de poser nos sacs à terre. On comprend que ce sera notre salon-salle à manger-chambre pour ce soir. Nous étions prévenus, nous n&rsquo;aurons pas de lit. Une natte en bambou tressée est posée sur le sol et deux couvertures de laine bien usées seront déposées dessus. Même si la nuit ne promet pas d&rsquo;être au top du confort, nous sommes satisfaits d&rsquo;être logés à la même enseigne que la famille. Les birmans ont l&rsquo;habitude de dormir sur le sol, pourquoi pas nous ?</p>
<p>Nous faisons un rapide tour des lieux. Il y a quatre pièces cette fois-ci, une cuisine, un salon et deux chambres. La famille n&rsquo;est pas encore au complet, seule la mamie est présente pour le moment. Elle s&rsquo;affaire déjà en cuisine alors qu&rsquo;il n&rsquo;est que 16h30. Elle sera ensuite rejointe par deux enfants puis une jeune femme vers 17h. Nous jouerons en début de soirée avec le plus jeune. Il s&rsquo;amusera à tirer avec son faux revolver sur Fabien, qui lui, s&rsquo;écroulera au sol. Bah, oui ! Touché, t&rsquo;es mort !</p>
<div id="attachment_4450" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4450" title="En cuisine" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8500.jpg" alt="En cuisine" width="470" height="705" /><p class="wp-caption-text">Préparation du dîner dès notre arrivée</p></div>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4458" title="Cuisine" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/S1310011.jpg" alt="Cuisine" width="470" height="264" /><br />
Le soleil se couchera progressivement et plongera les pièces dans le noir. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;électricité dans le village. Seul un petit panneau solaire fourni suffisamment d&rsquo;énergie pour allumer un néon dans la cuisine et dans le salon durant trois heures. Mais il est encore trop tôt pour l&rsquo;utiliser. Nous sortons notre équipement, le jeune garçon sera émerveillé par notre lampe dynamo et surtout son mode &laquo;&nbsp;SOS&nbsp;&raquo;.<br />
Nous passerons ensuite à table, assis sur le sol en tailleur, nous dans notre pièce et eux dans la cuisine (il ne faut pas se vexer, chez eux, c&rsquo;est ainsi). Le repas sera gargantuesque ! Impossible de tout finir. Au menu : soupe de lentille, riz, poulet frit (en petite quantité), légumes sautés, pomme de terre frites et tofu. Les habitants des plateaux, à défaut d&rsquo;avoir de la viande ou du poisson à tous les repas, mangent beaucoup de légumes et de légumineux.  Je suis aux anges, enfin une compensation à tout ce riz ! (bah oui, on parle toujours de la tourista à l&rsquo;étranger mais cela fait des mois que j&rsquo;ai dépassé ce stade). Fabien s&rsquo;amuse à dire &laquo;&nbsp;On sait pourquoi ils ont les yeux bridés ces asiatiques !… Trop de riz à tous les repas&nbsp;&raquo;. Je vous laisse imaginer le tableau.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4454" title="Bonne appétit !" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8555.jpg" alt="Bonne appétit !" width="470" height="313" /><br />
Une fois les assiettes finies, nous serons invité à passer le reste de la soirée en famille.<br />
Etait-ce pour ne pas montrer que leurs assiettes n&rsquo;étaient pas bien rempli que nous n&rsquo;avons pas mangé ensemble ? Nous ne sommes pas dupes, ce soir on a mangé l&rsquo;équivalent de deux repas pour toute une famille. Nous les remercions chaudement.</p>
<div id="attachment_4456" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4456" title="Nos hôtes pour une nuit dans les montagnes shan" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8577.jpg" alt="Nos hôtes pour une nuit dans les montagnes shan" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">En compagnie du papa et de la maman</p></div>
<p>La suite sera paisible, en cercle autour du feu, assis par terre. Nous nous réchauffons. Saw Win fera l&rsquo;interprète pour que l&rsquo;on puisse faire connaissance. Il y a cinq membres dans la famille : le mari, la femme, la maman de Monsieur &#8211; donc la Mamie, d&rsquo;où la quatrième pièce &#8211; et leurs deux enfants. Au Myanmar, les personnes âgées vivent chez leur enfants, bien souvent chez la fille (ici ce n&rsquo;est pas le cas). C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;arrivée d&rsquo;une petite fille plutôt qu&rsquo;un petit garçon dans une famille est accueillie avec autant de bonheur que si cela avait été un petit bonhomme.</p>
<p>Le papa a l&rsquo;air d&rsquo;être un homme gentil. Il a un regard attachant. Il sait qu&rsquo;il nous propose un hébergement spartiate et cela le touche que l&rsquo;on fasse l&rsquo;effort de venir les rencontrer eux, ces gens des montagnes, dans leur maison. Ce monsieur n&rsquo;a pas l&rsquo;air d&rsquo;avoir une vie facile. Toute la journée, de l&rsquo;aube au crépuscule, il travaille dans les champs avec sa femme. Et je ne crois pas que ce soit une partie de plaisir. Les champs sont loin, difficilement accessibles et cultivés à flanc de colline. Qu&rsquo;il fasse beau, chaud ou froid, il faut y aller, c&rsquo;est une question de survie.<br />
Leur principale activité est la culture de feuille de cigare qu&rsquo;ils vont vendre à Inle. Les grosses cernes sous les yeux du père trahissent sa fatigue malgré tout l&rsquo;effort qu&rsquo;il fait ce soir pour ne laisser transparaître que sa curiosité envers ses visiteurs étrangers. Fatigue morale peut-être aussi ? Nous apprenons qu&rsquo;ils dépendant totalement de la météo : leur réserve d&rsquo;eau pour les mois à venir  ne tient qu&rsquo;à la quantité d&rsquo;eau tombée pendant la mousson. Il ne doit pas y avoir de source suffisamment proche et l&rsquo;eau en bouteille serait trop cher. Aucune douche ce soir, pour personne. De toute façon, les birmans la prennent souvent froide, sortie tout droit d&rsquo;un petit filet d&rsquo;eau d&rsquo;une rivière et dans le village où nous nous trouvons ce soir, l&rsquo;eau aurait été certainement glacée. De la buée sort de nos bouche et nous avons déjà enfilé T-shirt thermiques et polaires pour nous tenir chaud. Nos voisins n&rsquo;ont eux qu&rsquo;une paire de tong et un simple petit pull par dessus leur longyi. La grand-mère s&rsquo;affaire à entretenir le feu. Elle ne dira rien mais me fixera. Elle m&rsquo;observera avec ses grands yeux en souriant. Je lis dans son regard une joie infinie, ô combien touchante… ! C&rsquo;est qu&rsquo;elle a vécu beaucoup de chose cette vieille dame… Je peine à imaginer sa vie. L&rsquo;histoire du Myanmar est chaotique. L&rsquo;ethnie de cette dame n&rsquo;a pas toujours été en accord avec l&rsquo;ethnie principale, les bamars. Et ce, même jusqu&rsquo;à récemment.</p>
<div id="attachment_4455" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4455" title="Au lit !" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8559.jpg" alt="Au lit !" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Pour se coucher, il n&#39;y plus qu&#39;à enlever la table et déposer des couvertures.</p></div>
<p>Il est 21h, nous nous souhaitons bonne nuit. Le jeune garçon, quatre ans, s&rsquo;est endormi dans les bras de sa maman et la plus grande, huit ans, même si elle se force à garder les yeux ouverts pour faire bonne figure, baille toutes les minutes. On nous apprend qu&rsquo;elle travaille beaucoup à l&rsquo;école et qu&rsquo;elle souhaite faire de grandes études. Mais que du coup, elle manque de sommeil. Je la regarde avec tendresse. Il est difficile d&rsquo;accepter que son enfance ne soit pas la même que nos petits écoliers français. C&rsquo;est pourtant la même gamine avec les mêmes envies. Son programme est chargée, nous n&rsquo;arriverons pas à discuter avec elle pendant notre séjour. Nous nous demandons même s&rsquo;il lui arrive de jouer un après-midi tout entier. Tous les matins, elle se lève à 6h30 du matin pour prendre son petit déjeuner. Vers 7h30, elle récupère son &laquo;&nbsp;bento&nbsp;&raquo;, une boite métallique remplie de nourriture fraîchement préparée par sa maman pour son déjeuner. Puis elle se dirige vers l&rsquo;école… qui n&rsquo;est pas à côté. A 17h, après les cours, elle revient à la maison et aide sa maman à récupérer du bois en quantité suffisante pour entretenir le feu qui lui, servira à réchauffer mais surtout à cuisiner. Nous observons cette jeune fille participer aux tâches ménagères sans broncher. Elle s&rsquo;occupe beaucoup de son petit frère en plus de tout cela. C&rsquo;est elle qui lui dira de s&rsquo;habiller et c&rsquo;est elle, encore, qui lui déposera le &laquo;&nbsp;thanaka&nbsp;&raquo; sur les joues. Nous espérons que notre cadeau à son retour de l&rsquo;école lui fera plaisir.<br />
Pour le plus petit, nous savons que oui : des crayons de couleurs et du papier blanc. Si vous aviez pu voir la joie de cet enfant lorsqu&rsquo;il nous lui avons fait comprendre que c&rsquo;était un cadeau pour lui ! Cela nous trouble encore. Nos enfants sont gâtés en France. Arriveriez-vous à émerveiller un gamin avec deux feuilles de papier blanc et un crayon rouge ?</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4460" title="Enfant birman" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8580.jpg" alt="Enfant birman" width="470" height="313" /></p>
<p>Nous offrirons aussi trois brosses à dents à la maman. Fabien me rapportera plus tard qu&rsquo;elle s&rsquo;était empressée de montrer notre cadeau à son mari.<br />
Nous repartirons de cette famille profondément touchés. Témoin d&rsquo;une leçon de vie inoubliable, ces visages d&rsquo;anges nous marqueront pour longtemps.</p>
<p>Le coucher de soleil avec notre ami aussi. Saw Win nous conduira en haut d&rsquo;un col avec vue imprenable sur la région. Nous sommes seuls, la Terre entière nous appartient et le lac Inle s&rsquo;étale à nos pieds. Merci  Saw Win. Merci à tous ces birmans qui nous ont accueillis. Notre séjour dans ce pays a pris fin depuis presque un mois et l&rsquo;envie de parler d&rsquo;eux, rien qu&rsquo;un peu, nous vient. Le Myanmar ne serait rien sans ses habitants.</p>
<div id="attachment_4450" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4455" title="Coucher de soleil dans les montagnes shan" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8514.jpg" alt="Coucher de soleil dans les montagnes shan" width="470" height="705" /><p class="wp-caption-text">Coucher de soleil, seule avec soi même</p></div>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-4450 aligncenter" title="Coucher de soleil trek Inle" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8538.jpg" alt="Coucher de soleil Inle" width="470" height="705" /></p>
<div id="attachment_4460" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4460" title="Notre guide pendant le trek d'Inle" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8512.jpg" alt="Notre guide pendant le trek d'Inle" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Saw Win, notre guide</p></div>
<p>La première chose qui frappe dans ce pays, c&rsquo;est le sourire, même dans les villes principales. Bien que nous l&rsquo;ayons déjà  rencontré dans d&rsquo;autres pays, celui-ci est unique, rempli de douceur et de sincérité. Il n&rsquo;est pas systématique, ne vous attendez pas à un sourire à tout bout de champ ni à des &laquo;&nbsp;oh mon ami bienvenu&nbsp;&raquo; à chaque coin de rue. Mais lorsque vous en obtenez un, vous êtes conquis. Notre cocher à Bagan le possédait. Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;on a pu rire avec lui ! Lui avec sa bouche pleine de bétel, cette petite boule de fruit qui rend les dents rouge sang, calée contre sa joue qui lui donnait un horrible accent. Il a passé près d&rsquo;une heure à répéter des mots en birmans pour les faire rentrer dans la tête de mon pauvre Fabien… qui notait tout, tout, consciencieusement. La vie de cet homme ne le prédestinait pourtant pas à avoir un aussi large sourire. Notre cocher était papa de cinq enfants dont un qui est déjà parti faire sa vie. &laquo;&nbsp;Plus que quatre !&nbsp;&raquo; rit-il. Il est veuf depuis près de dix ans et ne s&rsquo;est jamais remarié. &laquo;&nbsp;Elle avait un cancer&nbsp;&raquo; nous dit-il, toujours avec son accent à couper au couteau. Il sourit. Il nous raconte sa vie avec un air détaché, sous l&rsquo;empreinte d&rsquo;une &laquo;&nbsp;birmanité&nbsp;&raquo; comme dirait certains. Cette faculté qu&rsquo;ont les birmans de se comporter avec subtilité plutôt que de faire des vagues. Selon un proverbe local : &laquo;&nbsp;Les mauvaises nouvelles ne durent que sept jours&nbsp;&raquo;. Il suffit d&rsquo;attendre.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4391" title="Fouette cocher!" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_8230.jpg" alt="Fouette cocher!" width="470" height="313" /></p>
<p>C&rsquo;est toujours à Bagan que nous feront une seconde rencontre surprenante. Nous sommes dans le village de Myinkaba au sud du Vieux Bagan. Au milieu d&rsquo;un terrain vague, un homme et deux femmes tapent sur d&rsquo;immenses tiges de bambou. Ayant éveillé notre curiosité, nous nous approchons. L&rsquo;homme saute immédiatement sur l&rsquo;occasion. Il ne parle pas très bien anglais et la discussion prend des allures de mimes. Fabien met en application les mots appris avec notre ami cocher, cela surprend notre homme qui redémarre sa conversion au quart de tour mais cette fois en birman. Cet homme tape toute la journée sur des points précis des tiges de bambous afin de les déplier et de les rendre plates. Les deux femmes à ses côtés, elles, tressent les tiges pour en faire des nattes. Ce travail est important. Dans le pays, presque toutes les maisons sont construites en bambou. Nous observons leurs gestes… encore très artisanaux ! L&rsquo;homme posera pour une photo avec un plaisir étonnant &laquo;&nbsp;Ta photo est superbe ! Merci !&nbsp;&raquo;.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4460" title="Tresser du bambou" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_7916.jpg" alt="Tresser du bambou" width="470" height="313" /></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-4460" title="Bambou tressé" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_7914.jpg" alt="Bambou tressé" width="470" height="313" /></p>
<p>Le plus surprenant aura lieu deux heures plus tard, à trois kilomètres de là. Nous avons fini notre journée et nos pas nous ont mené à la sortie du Vieux Bagan près du Pahto Ananda, <a title="Les 4 000 temples de Bagan" href="http://www.2ci2la.fr/les-4-000-temples-de-bagan/" target="_blank">le premier temple visité</a>. Nous sommes à la recherche d&rsquo;un pick-up collectif pour retourner à notre logement. Nous longeons les maisons de thé. Quand… soudain ! Un homme crie en notre direction.<br />
&laquo;&nbsp;Eh ! Vous deux ?&nbsp;&raquo;<br />
Nous ne le reconnaissons pas immédiatement.<br />
&laquo;&nbsp;Vous vous souvenez de moi ?? Les bambou, la photo !&nbsp;&raquo;<br />
Nous nous réjouissons, il nous questionne.<br />
&laquo;&nbsp;Que faites-vous là ? Vous avez marché tout ça depuis ?… Venez donc boire un verre avec moi pour commencer dans soirée. Si si ! J&rsquo;insiste ! Venez boire un verre&nbsp;&raquo;.<br />
Nous déclinons avec regret. Il va faire nuit et nous ne savons pas à quel heure part le dernier pick-up et sommes trop loin du village de Nyaung U. Nous remercions, touchés par son invitation.</p>
<div id="attachment_4440" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-4440" title="Rencontre innatendue" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_7919.jpg" alt="Tressage du bambou" width="470" height="705" /><p class="wp-caption-text">Rencontre inattendue</p></div>
<p>Cela fait bientôt un an que nous voyageons. Nous avons fait pas mal de rencontre, certaines qui marqueront plus que d&rsquo;autres (j&rsquo;ai déjà quelques noms qui me reviennent en tête et j&rsquo;espère qu&rsquo;ils se reconnaîtront). Le Myanmar aura été le premier pays où des habitants, de parfait inconnus rencontrés dans la rue, nous invitent aussi spontanément à nous joindre à eux pour boire un verre. Enfin, Monsieur… volontiers bien sur ! Mais on ne se connaît pas ?</p>
<p>Les birmans aiment parler avec les étrangers et le font sentir. Les conversations sont souvent bon enfant. On parle du beau temps, de la famille, du football ou de Bouddha. Puis la personne vous remerciera… de l&rsquo;avoir écouté. Beaucoup de birmans ne comprennent pas l&rsquo;intérêt d&rsquo;employer &laquo;&nbsp;dix mots quand on peu en utiliser mille&nbsp;&raquo; (Peter Olszeuski).<br />
Un seul sujet sera très peu abordé, cela doit être leur &laquo;&nbsp;birmanité&nbsp;&raquo; : celle de la situation de leur pays. Il faudrait sans doute plus que sept jours pour oublier les évènements qui ont choqué à l&rsquo;intérieur comme à l&rsquo;extérieur du pays. Nos médias français nous le rappellent assez souvent, la situation parait tendue. Mais une fois sur place, nous nous apercevront vite que le quotidien de ces gens reprend ses droits : discuter, manger du curry, boire un thé, élever ses enfants et se rendre au temple. Les birmans ont un regard détaché sur la pauvreté et la corruption. Seul notre dernier chauffeur de trishaw à Mandalay, un jeune homme vraiment super sympa qui nous aura tenu la causette (bien évidemment !), évoquera en une seule phrase la situation politique de son pays : &laquo;&nbsp;Avant, mon pays était gouverné par des militaires… (silence) Maintenant, les choses vont changer&nbsp;&raquo;.</p>
<p>En Avril 2012, le parti de Aung San Suu Ky a réussi à obtenir la quasi totalité des 45 sièges des élection partielles, ce qui fait de la &laquo;&nbsp;Ligue Nationale pour la Démocratie&nbsp;&raquo; (NLD) le nouveau parti majoritaire du pays. Les choses bougent, et oui. <a title="Boycott ?" href="http://www.2ci2la.fr/boycott/" target="_blank">Avant notre départ en tour du monde</a>, le Myanmar était encore un pays isolé, aux informations filtrées, victime de l&rsquo;embargo américain et du boycott du reste du monde. Aujourd&rsquo;hui les distributeur Visa et MasterCard s&rsquo;installent progressivement sur les trottoirs et le tourisme arrive à grand pas.</p>
<p>Le Myanmar était-il prêt à ce phénomène si rapide ? Pas si sûr.<br />
Les choses évoluent, vite, et en bien à priori pour ces gens. Ce pays qui aurait dû être riche se remet progressivement de ses difficultés et les habitants accueillent avec sourire le tourisme&#8230; sourires dans un enthousiasme contrôlé quand même ; le Myanmar reste un des pays les plus pauvres d&rsquo;Asie et pour certaines régions (interdites au tourisme par le gouvernement), l&rsquo;ouverture sur le monde n&rsquo;a que très peu, voir pas, d&rsquo;impact dans leur quotidien.<br />
Vous vouliez peut-être savoir, en lisant nos écrits sur ce pays, comment ressentons une fois sur place les méfaits d&rsquo;un gouvernement dictatorial ? Ou peut-être savoir comment les chose évoluent ? Nous n&rsquo;avons qu&rsquo;un conseil : allez-y ! Allez voir et faites-vous votre propre opinion. Ils n&rsquo;attendent que ça, que vous veniez !<br />
Les birmans sont des gens extrêmement touchant. Ce sont des personnes charmantes et à la culture encore peu influencée par le reste du monde. Ils ont un goût pour les arts tout à fait étonnant et ravissant.</p>
<p><img class="aligncenter" title="Un sourire que l'on oubliera pas..." src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/IMG_75951.jpg" alt="Sourire du Myanmar" width="470" height="705" /></p>
<p>Toutes ces choses que l&rsquo;on pourrait dire sur ces gens ! Je pourrais y passer des heures. Nous sommes émus, ravis, enchantés, bousculés… et tout les synonymes qui pourraient aller avec ! Leur authenticité et leur détermination nous ont chamboulé.  A tel point que le dernier jour, celui où il a fallu partir du pays, des larmes nous pas pu s&rsquo;empêcher de couler sur nos joues.</p>
<p>Que dire de plus ? Les mots me manquent.</p>
<p>Ce pays n&rsquo;est plus le même qu&rsquo;auparavant (ceux qui l&rsquo;ont connu ne soyez pas tristes) mais le caractère de ces gens n&rsquo;a pas changé. Comment ne pas craquer ?</p>
<p>Comme Kipling l&rsquo;a écrit, le Myanmar est &laquo;&nbsp;un pays qui sera différent de tous ceux que tu connais&nbsp;&raquo;.</p>
<p><img class="aligncenter" title="Petite fille birmane au pied d'une paya" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2013/02/S1250004.jpg" alt="Petite fille birmane au pied d'une paya" width="470" height="356" /></p>
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		<title>Quatre France et demi plus haut : Lima</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jul 2012 04:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Elodie]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[05 PEROU]]></category>
		<category><![CDATA[départ]]></category>
		<category><![CDATA[étape]]></category>
		<category><![CDATA[pays]]></category>
		<category><![CDATA[tour du monde]]></category>
		<category><![CDATA[voyage]]></category>
		<category><![CDATA[voyageur]]></category>

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		<description><![CDATA[Notre arrivée à Lima se fera sous un ciel gris pareil à notre humeur. Cette ville signe la fin de notre séjour au Pérou et pire encore ! Elle signe la fin  prochaine de  notre séjour en Amérique du Sud ! Nous repensons régulièrement à nos premiers pas en Argentine et notre descente en Patagonie, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Notre arrivée à Lima se fera sous un ciel gris pareil à notre humeur. Cette ville signe la fin de notre séjour au Pérou et pire encore ! Elle signe la fin  prochaine de  notre séjour en Amérique du Sud !</p>
<p style="text-align: justify;">Nous repensons régulièrement à nos premiers pas en Argentine et notre descente en Patagonie, tout-tout en bas, puis à notre lente remontée toujours plus haut, jusqu&rsquo;à enfin débarquer à cette ultime étape : Lima. Un soir Fabien lâchera &laquo;&nbsp;Je voudrais une machine à remonter le temps, retourner à Buenos Aires et refaire tout ce que l&rsquo;on a fait&nbsp;&raquo;. Ce genre de phrases fait souvent vite place à de gros éclats de rires en nous racontant les nombreuses anecdotes accumulées. Un mot suffit… &laquo;&nbsp;internet&nbsp;&raquo; et ça y&rsquo;est, nous pensons à cette folle rencontrée (que disons-nous ? une psychopathe !) dans le bus de nuit de Iguazu à Buenos Aires en Argentine, cette Isabelle criant  au beau milieu de la nuit en tremblant comme possédée qu&rsquo;elle est la sœur du diable (version langue espagnole bien sûr). Sur le coup, le bus entier fut tétanisé. Et ce chien Robert &#8211; c&rsquo;est le nom que nous lui avons donné &#8211; qui nous a dirigé comme par magie (il savait où l&rsquo;on allait !) jusqu&rsquo;à la gare routière ? Les petites écoliers comprendront l&rsquo;anecdote.</p>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est marrant comme les bons souvenirs restent et les mauvais se transforment en anecdotes rigolotes.</p>
<p style="text-align: justify;">Déjà quatre mois de remontée en Amérique du Sud,<span id="more-2579"></span> quatre mois habités par quelques mots de tête et de ventre (pas souvent le ventre ; c&rsquo;est un &laquo;&nbsp;survivor&nbsp;&raquo;), des conditions de logements pas franchement tous les jours au top, des estomacs qui crient famine de temps en temps et qui ne mangent pas toujours très équilibré ni ce qu&rsquo;ils souhaitent, des énervements auprès des locaux qui nous font tourner en bourrique. Toutes ces petites choses que l&rsquo;on ne vous détaille pas toujours mais qui vous ferait bien marrer si vous étiez des petites souris. Car après tout, on vous l&rsquo;avoue : on s&rsquo;en fout de ses petits tracas ! Si c&rsquo;était à refaire ce tour du monde, nous le referions !<br />
Il y a des jours où nous saisissons vraiment l&rsquo;importance de cette chance que nous nous sommes offerte.</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;Amérique du Sud est un très grand continent où nombre de cultures se côtoient. Il y a beaucoup à apprendre et quelques remises en questions à se faire de temps en temps. Et aujourd&rsquo;hui, Lima n&rsquo;est pas en reste, le ciel gris fera très vite place au soleil et nous découvrirons une autre facette du Pérou.</p>
<p style="text-align: justify;">Au premier coup d’œil, Lima est une claque. C&rsquo;est la déstabilisation totale lorsque vous avez passé deux mois dans l&rsquo;Altiplano. Nous avons cru mourir (c&rsquo;est une expression, rassurez-vous) dès notre sortie de l&rsquo;aéroport en montant dans  le taxi que notre auberge nous envoyait. Nous nous faufilons parmi les centaines de véhicules sur la voie rapide et c&rsquo;est parti pour une folle course de destruction derby ! Les habitants de Lima sont totalement fous ! Ils conduisent sans réfléchir et foncent droit devant eux comme sur une piste de course. Nous bouclons très vite notre ceinture en serrant les fesses pendant quarante cinq minutes. Fabien a même assisté à un accident à trois heure du matin où une voiture a explosé totalement le mur d&rsquo;une propriété, le bruit l&rsquo;ayant fait sursauter. Voilà pour la claque, c&rsquo;est fini notre vie pépère dans nos campagnes paisibles. Nous nous sentons tel Crocodile Dundee découvrant la ville, la vraie.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_2582" class="wp-caption aligncenter" style="width: 480px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-full wp-image-2582" title="Plaza de Armas Pérou" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/07/2012-06-24_Perou_Lima_IMG_2526.jpg" alt="Plaza de Armas Pérou" width="470" height="313" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Sur la Plaza de Armas au centre historique de Lima</dd>
</dl>
</div>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_2583" class="wp-caption aligncenter" style="width: 480px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-full wp-image-2583" title="Plaza de Armas Pérou" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/07/2012-06-24_Perou_Lima_IMG_2527.jpg" alt="Plaza de Armas Pérou" width="470" height="313" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd">La Plaza de Armas est à quarante minutes de route de Miraflores.</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Du temps des Incas, la capitale était Cusco. Elle fut déplacée à Lima par les colons qui souhaitaient un port maritime pour rallier rapidement leur pays. Nous avons séjourné à côté de Lima dans la ville très tranquille et très sécurisée de Miraflores en bord de mer, ville très chic aussi.<br />
Miraflores est le Beverly Hills du Pérou. Les terrains de tennis en terre battue se sont imposés, les bars, les boutiques branchées, les grosses baraques d&rsquo;hommes fortunés et les jeunes skateurs aussi.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_2588" class="wp-caption aligncenter" style="width: 480px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-full wp-image-2588" title="Miraflores Pérou" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/07/2012-06-24_Perou_Miraflores_IMG_2483.jpg" alt="Miraflores Pérou" width="470" height="313" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Miraflores</dd>
</dl>
</div>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_2587" class="wp-caption aligncenter" style="width: 480px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-full wp-image-2587" title="Miraflores Pérou" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/07/2012-06-24_Perou_Miraflores_IMG_2480.jpg" alt="Miraflores Pérou" width="470" height="313" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Miraflores et ses grilles de protection</dd>
</dl>
</div>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_2586" class="wp-caption aligncenter" style="width: 480px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-full wp-image-2586" title="Miraflores Pérou" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/07/2012-06-24_Perou_Miraflores_IMG_2473.jpg" alt="Miraflores Pérou" width="470" height="313" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Bord de mer : notre premier building au Pérou.</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Cette vision aussi est une claque pour nous. Lors d&rsquo;un repas dans une cafétéria d&rsquo;un supermarché réparti sur trois étages où l&rsquo;on monte grâce à un escalator (ce genre de technologie sophistiquée inconnue depuis… quoi ? Buenos Aires ??), cafétéria où raccordements pour Iphone sont en libre service, nous repensons soudainement aux îles visitées sur le Titicaca pourtant dans ce même pays, là où l&rsquo;eau courante n&rsquo;arrive pas dans les foyers et où l&rsquo;électricité n&rsquo;est pas si facile à avoir. Lima est un mélange de cette cafétéria et des campagnes reculées péruviennes, un ultra fort condensé. Une heure de bus seulement sépare les fortunés de Miraflores des bidonvilles tout au nord.<br />
Nous vous l&rsquo;avions dit : Lima est une facette du Pérou et pour nous, un pincement au cœur.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_2589" class="wp-caption aligncenter" style="width: 480px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-full wp-image-2589" title="Lima" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/07/2012-06-25_Perou_Lima_IMG_2531.jpg" alt="Lima" width="470" height="313" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd">A seulement cinq cent mètres de la Plaza de Armas, nous sommes déjà très loin du quartier chic et très riche de Miraflores&#8230;</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Nous fermerons un peu les yeux à cette vision et aux réflexions nées avec, et nous passerons beaucoup de temps dans notre quartier de logement, cette riche mais agréable Miraflores, où surf and beach ont l&rsquo;air de régner sur la ville. Notre auberge n&rsquo;étant pas loin du bord de mer, nous nous promènerons quotidiennement quelques heures face à l&rsquo;océan. Ça sent les vacances et c&rsquo;est ressourçant.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2584" title="Miraflores" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/07/2012-06-24_Perou_Miraflores_IMG_2468.jpg" alt="Miraflores" width="470" height="313" /></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2585" title="Miraflores" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/07/2012-06-24_Perou_Miraflores_IMG_2471.jpg" alt="Miraflores" width="470" height="313" /></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2581" title="Miraflores" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/07/2012-06-23_Perou_Miraflores_IMG_2460.jpg" alt="Miraflores" width="470" height="313" /></p>
<p style="text-align: justify;">Les coins communs de l&rsquo;auberge étant plutôt pas mal, nous en profiterons pour nous reposer, faire la lessive, papoter sur le toit terrasse et suivre un peu l&rsquo;Euro 2012 (et la défaite des bleus en direct). Nous rédigerons nos derniers articles sur le Pérou en nous remémorant notre parcours.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_2590" class="wp-caption aligncenter" style="width: 480px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-full wp-image-2590" title="Tour du Monde, lessive" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/07/IMG_1286.jpg" alt="Tour du Monde, lessive" width="470" height="351" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Lessive à la main régulière</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Nous sourions des clichés que le Pérou subit. A aucun moment, et nous insistons : à aucun moment nous nous sommes sentis en danger. Voyager au Pérou (et en Bolivie aussi) est même très plaisant. Il y a des bus à toutes heures, sous toutes les formes, pour toutes les bourses. L&rsquo;aventure gentillette est souvent au rendez-vous et la rencontre avec la population locale assurée. Les boliviens et les péruviens sont des personnes très accueillantes et souriantes toujours prêtes à vous aider, avec un bonus pour les péruviens : ils sont tellement curieux ! Si vous vous asseyez à côté d&rsquo;un monsieur trentenaire dans un bus ou sur un banc, il y a de forte chance pour qu&rsquo;il entame la discussion spontanément avec vous en posant tout un tas de question. &laquo;&nbsp;D&rsquo;où venez-vous ?&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Qu&rsquo;avez-vous visité au Pérou ?&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Comment dit-on _____ en français ?&nbsp;&raquo;. Les boliviens sont quant à eux plus réservés. Mais si vous essayez d&rsquo;aller à leur rencontre, ils deviennent alors adorables et de vraies pipelettes. Nous avons eu un réel coup de cœur pour eux. Nous sommes aussi peinés des rumeurs circulant sur le Pérou car avec un peu d&rsquo;organisation et d&rsquo;attention, nous y avons passé de fantastiques moments, sans aucune mauvaise surprise. Ce pays est très beau, ses habitants tout à fait charmant et la cuisine excellente. Un bémol tout de même pour le côté &laquo;&nbsp;attrape touristes&nbsp;&raquo; rencontré à chaque coin de rue des villes aux circuits classiques, surtout à Cusco ; chose que l&rsquo;on ne rencontrait pas en Bolivie. Le Pérou doit peut-être apprendre à mieux gérer son économie touristique… Il n&rsquo;y a pas écrit &laquo;&nbsp;portefeuille rempli&nbsp;&raquo; sur notre front les gars !  Nous supposons cependant qu&rsquo;en sortant des sentiers battus ce phénomène n&rsquo;est plus présent, il l&rsquo;était déjà beaucoup moins sur Taquile.</p>
<p style="text-align: justify;">En définitif : superbes souvenirs et un séjour incroyable en Bolivie ET au Pérou.</p>
<p style="text-align: justify;">Merci à toutes ces personnes rencontrées, amis, hôtes ou locaux (Christian, Blas, Olivier et Jacqueline, Jorge, Felipe, Ricardo, Alejandro &#8211; lui c&rsquo;était à Buenos Aires mais comment l&rsquo;oublier ?, et tous ceux dont nous n&rsquo;avons pas les noms, notamment les marchandes dans la rue). Merci pour avoir fait de ce séjour un moment inoubliable et surtout insaisissable par de simples mots.</p>
<p style="text-align: justify;">Cher lecteurs, allez en Amérique du Sud, foncez-y ! Vous ne serez pas déçus!</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_2580" class="wp-caption aligncenter" style="width: 480px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-full wp-image-2580" title="Miraflores" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/07/2012-06-23_Perou_Miraflores_IMG_2437.jpg" alt="Miraflores" width="470" height="313" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Miraflores</dd>
</dl>
</div>
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		<title>Titicaca : berceau de civilisations</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Jun 2012 17:40:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Elodie]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[04 BOLIVIE]]></category>
		<category><![CDATA[05 PEROU]]></category>
		<category><![CDATA[frontière]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[pays]]></category>

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		<description><![CDATA[En plein milieu du lac, à 3 820 m d&#8217;altitude, une frontière invisible balaye les eaux claires et fraîches (glaciales même !) du Titicaca et sépare deux pays. Autrefois, lorsque le premier cri d&#8217;indépendance sonna à Sucre, un projet résonna quelques jours dans les têtes de chacun : unir les peuples des Andes dans un [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">En plein milieu du lac, à 3 820 m d&rsquo;altitude, une frontière invisible balaye les eaux claires et fraîches (glaciales même !) du Titicaca et sépare deux pays. Autrefois, lorsque le premier cri d&rsquo;indépendance sonna à Sucre, un projet résonna quelques jours dans les têtes de chacun : unir les peuples des Andes dans un immense territoire commun (Pérou, Bolivie, Nord Argentin). L&rsquo;idée échoua et la seconde option eut l&rsquo;avantage ; de là sont nés deux pays bien distincts, le Pérou et la Bolivie&#8230; quant à l&rsquo;Argentine, c&rsquo;est une autre histoire (sacré Général San Martin).</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<div id="attachment_2365" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-medium wp-image-2365" title="Titicaca" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/06/Titicaca-470x338.jpg" alt="Titicaca" width="470" height="338" /><p class="wp-caption-text">Frontière péruvienne et bolivienne</p></div>
<p>Pourtant encore aujourd&rsquo;hui, au carrefour des Andes et des herbages de l&rsquo;Altiplano, sur les rives des eaux mouvementées du plus haut et grand lac navigable au monde, la frontière est quasi-imperceptible <span id="more-2359"></span>: passage de douane très rapide, coup de tampon rapide, coup d’œil furtif, plus question de vérifier si pomme il y a ou non (pour ceux qui ont suivi nos aventures au Chili) ; le lago est encore le reflet de cette volonté d&rsquo;unir un peuple d&rsquo;une même culture. Ici, vous n&rsquo;avez plus tellement affaire à un péruvien ou un bolivien mais à un habitant du Titicaca. Les frontières sont devenues floues et à ce propos, &laquo;&nbsp;les montagnes au loin, Señor, sont-elles boliviennes ou péruviennes ?&nbsp;&raquo; Chers hommes, rappelez-vous que votre histoire est commune…</p>
<p style="text-align: justify;">Le lac Titicaca fut jadis le berceau de civilisations anciennes dont la plus connue de tous fut la civilisation Inca. De nombreux contes évoquent l&rsquo;origine de l&rsquo;empire Inca sur les rives de ce lac.</p>
<div id="attachment_2364" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2364" title="Isla del Sol" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/06/IMG_9521.jpg" alt="Isla del Sol" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">lever de soleil sur l&#39;Isla del Sol</p></div>
<p>Chut, écoutez…</p>
<p style="text-align: justify;">Le dieu Inti, le dieu soleil né sur l&rsquo;isla del Sol (île aujourd&rsquo;hui côté bolivien) fit surgir des eaux profondes du Titikaka deux de ses enfants : le premier inca Manco Capac et sa soeur-épouse Mama Ocllo. L&rsquo;astre leur donna l&rsquo;ordre de rechercher une terre fertile où ils créeront son empire. Pour trouver cette terre idéale, le dieu Inti leur remit un bâton d&rsquo;or. Celui-ci devrait s&rsquo;engouffrer dans les entrailles de la terre au moment où le couple royal rencontrerait la terre promise. L&rsquo;île de Taquile (aujourd&rsquo;hui côté péruvien) fut sûrement la première escale de leur périple. Mais ce fut à Cusco que le bâton disparut dans le sol, ce fut donc Cusco qui devint le cœur de l&rsquo;empire soleil.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&rsquo;hui la légende reste toujours vive dans le cœur des indiens.</p>
<div id="attachment_2361" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2361" title="Isla Taquile" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/06/IMG_0395.jpg" alt="Isla Taquile" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Isla Taquile, ruines pré-Inca</p></div>
<p>Côté archéologie, des recherches montrent que le lac fut aussi, et ce bien avant la civilisation Inca, le berceau de petits groupes ethniques qui jouissaient de la situation privilégiée du Titicaca. Il y eut la civilisation Thiahuanaco (actuelle frontière bolivienne &#8211; péruvienne) et la civilisation Colla. Les Incas vers le XIIe siècle intégrèrent ces cultures à leur immense empire. On retrouve de nos jours des restes de ces civilisations méconnues.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&rsquo;hui, que ce soit côté péruvien ou bolivien, les habitants semblent avoir intégré le système Inca que l&rsquo;on retrouve dans certains aspects de la vie, comme la croyance dans la vertu du travail coopératif au sein de communautés, la maîtrise de l&rsquo;agriculture, une cuisine puisant ses forces dans la terre mais aussi l&rsquo;eau du lac, la gestion des ressources partagées, une spiritualité ancrée dans la pierre et la montagne, et des dialectes anciens parlés d&rsquo;un bout à l&rsquo;autre du lac, le quechua et l&rsquo;aymara.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2360" title="Lac Titicaca" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/06/IMG_0256.jpg" alt="Lac Titicaca" width="470" height="313" />Qui parlait de frontière ?</p>
<p style="text-align: justify;">Notre séjour sur le lac Titicaca sera de dix jours entiers et cela n&rsquo;est presque pas assez. Nous avons souhaité consacrer peu de temps aux deux villes principales au bord du lac, Puno et Copacabana, pour aller d&rsquo;avantage dans les terres (et surtout la &laquo;&nbsp;mer&nbsp;&raquo;, vous comprendrez pourquoi nous parlons de mer) et entrer en contact avec les habitants des îles et des campagnes. Nous avons réunis sacs de couchages, pull et polaires chaudes, bonnets, chaussures de randonnée, quelques produits de première nécessité, eau et biscuits, afin de passer quelques jours et quelques nuits sur les îles et aller à la rencontre des Fils du Soleil. Merci à Christian pour son aide précieuse.</p>
<div id="attachment_2362" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2362" title="Isla Taquile" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/06/IMG_0516.jpg" alt="Isla Taquile" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Isla Taquile</p></div>
<div id="attachment_2363" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2363" title="Isla del Sol" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/06/IMG_9491.jpg" alt="Isla del Sol" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Isla del Sol</p></div>
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		<title>La montagne qui mangeait les hommes vivants</title>
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		<pubDate>Wed, 30 May 2012 06:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Elodie]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[04 BOLIVIE]]></category>
		<category><![CDATA[difficultés]]></category>
		<category><![CDATA[métier]]></category>
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		<description><![CDATA[Mercredi 16 mai (Potosi, Cerro Rico, 4 100 m) : Je suis choquée. Cette visite n&#8217;est pas une attraction touristique, attention ! Ces hommes travaillent ! J&#8217;ai déjà eu des expériences marquantes depuis mon enfance mais arpenter les mines de Potosi est bien au delà. Cette expérience restera gravé au fond de moi (je le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Mercredi 16 mai (Potosi, Cerro Rico, 4 100 m) :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je suis choquée.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette visite n&rsquo;est pas une attraction touristique, attention ! Ces hommes travaillent !</p>
<p style="text-align: justify;">J&rsquo;ai déjà eu des expériences marquantes depuis mon enfance mais arpenter les mines de Potosi est bien au delà. Cette expérience restera gravé au fond de moi (je le dis souvent depuis que je suis partie mais là, c&rsquo;est autre chose…).</p>
<p style="text-align: justify;">Il est 17h et je viens de sortir de la mine ; le reste du groupe continue jusqu&rsquo;au quatrième niveau. Impossible pour moi d&rsquo;aller au delà du troisième et j&rsquo;en suis déjà fière. Je suis donc là, dehors, loin de la ville en haut de la montagne, assise sur mon petit caillou dans mes habits de mineur, sans Fabien, à observer le Cerro Rico. Je verse de l&rsquo;eau sur mes mains rêches et essuie mon visage où quelques rides viennent d&rsquo;apparaître, la faute aux images que j&rsquo;aurais désormais dans la tête. C&rsquo;est la fin de la journée pour une majorité des mineurs, ils rentrent chez eux. Beaucoup me sourient et me disent bonjour, d&rsquo;autres gloussent et me sifflent, après tout c&rsquo;est de leur âge, ils ont à peine quinze ans. Les mineurs sont souriants, fin de journée ? mais je crois que c&rsquo;est surtout face à moi, ce petit bout de femme toute blanche (enfin noire de terre maintenant), qu&rsquo;ils ne peuvent s&rsquo;empêcher d&rsquo;exprimer leur fierté &laquo;&nbsp;Moi je suis mineur petite&nbsp;&raquo;. Ils ont tous pris une douche en sortant de la mine et remis leur habits de tous les jours. Ils se fonderaient dans la masse, comment reconnaître que ce sont des mineurs ? Ils ne ressemblent plus aux hommes que j&rsquo;ai rencontré sous terre, dégoulinant de sueur, les yeux grands ouverts et inquiets, les sourcils froncés sous l&rsquo;effet de la fatigue. Je les regarde s&rsquo;éloigner, une boule dans la gorge, une très grosse. Je retiens presque mes larmes. Sont-elles seulement pour eux ou est-ce du aussi à toute la pression que j&rsquo;ai retenue sous terre pendant une heure et demie qui explose maintenant à l&rsquo;air libre ?…</p>
<p style="text-align: justify;">Comment imaginer que de telles conditions de travail existent encore sur cette Terre ? L&rsquo;affaire est sérieuse, je ne souhaite à personne de travailler dans les mines d&rsquo;argent de Potosi.</p>
<div id="attachment_2271" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2271" title="Cerro Rico Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00802.jpg" alt="Cerro Rico Potosi" width="470" height="353" /><p class="wp-caption-text">Cerro Rico Potosi</p></div>
<p style="text-align: justify;">La visite a commencé chez le marchand dans lequel chaque mineur se rend vers 8h pour acheter de la dynamite (comme dans les films de western<span id="more-2259"></span>, je ne mens pas : les mineurs allument la mèche avec un briquet), de l&rsquo;alcool à 90° (bu sec pour se motiver), de l&rsquo;eau et un gros sachet de feuilles de coca qu&rsquo;ils ingurgiteront en entier avant de commencer le travail (trois cent feuilles en une heure sont chiquées).</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut six minutes, six petites minutes pour courir loin du bâton de dynamite, mèche en flamme…. nous précise notre guide, ancien mineur à Potosi. Les mineurs en utilisent jusqu&rsquo;à vingt par jour ! Le bâton coûte assez cher, cela se comprend, il y a de quoi tout faire péter rien que dans ce petit bric à brac. Notre groupe souhaitait acheter de la dynamite pour l&rsquo;offrir à ces mineurs durant la visite mais le guide nous conseille de prendre beaucoup d&rsquo;eau, les mineurs sont sous terre depuis 9h ce matin.</p>
<div id="attachment_2265" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2265" title="Extraction du minnerai à Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00782.jpg" alt="Extraction du minnerai à Potosi" width="470" height="353" /><p class="wp-caption-text">Extraction du minerai</p></div>
<p style="text-align: justify;">Nous avons ensuite filé dans &laquo;&nbsp;l&rsquo;usine&nbsp;&raquo; pour extraire l&rsquo;argent et les minéraux des pierres ramenées de la mine. Je dis &laquo;&nbsp;usine&nbsp;&raquo; car ils n&rsquo;ont pas tout à fait les même consignes de sécurité que chez nous. Nous marchons autour des bassins sur des planches bancales et les machines sont faites &laquo;&nbsp;main&nbsp;&raquo; avec les matériaux trouvés. J&rsquo;ai beaucoup de mal à imaginer de l&rsquo;argent sortir de là…et pourtant !</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2281" title="Argent de Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00792.jpg" alt="Argent de Potosi" width="470" height="353" /></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2262" title="Extraction du minerai" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00785.jpg" alt="Extraction du minerai" width="470" height="353" /></p>
<p style="text-align: justify;">La pièce sent vraiment mauvais. On baigne dans une odeur malsaine de produits chimiques variés. Notre guide confirme que ce n&rsquo;est pas bon pour la santé de traîner trop ici. Les femmes n&rsquo;ont pas le droit d&rsquo;y travailler et pour cause : elles devenaient stériles au bout de six mois ! Cela annonce la couleur !</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<div id="attachment_2267" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2267" title="Notre guide" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00804.jpg" alt="Notre guide" width="470" height="627" /><p class="wp-caption-text">Notre guide </p></div>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Lama Face&nbsp;&raquo; &#8211; nom de mineur utilisé par notre guide &#8211; a déjà chiqué la moitié de son sachet de feuille de coca. Lorsqu&rsquo;il parle, il a tendance a craché d&rsquo;où son surnom. La feuille de coca est chiquée pour donner beaucoup d&rsquo;énergie aux mineurs et les nourrir (si si, j&rsquo;ai essayé une fois, affamée, et ça marche !), il nous invite à faire de même chose en piochant dans les sachets achetés au marché en vu d&rsquo;être offerts au mineurs. Je m&rsquo;exerce, très intriguée. Première impression : c&rsquo;est fort en bouche, je broute de l&rsquo;herbe amer. Bref, première expérience non concluante.</p>
<div id="attachment_2269" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2269" title="Vistes Mines de Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00794.jpg" alt="Vistes Mines de Potosi" width="470" height="627" /><p class="wp-caption-text">sachet de feuilles de coca à la main, le Cerro Rico au fond</p></div>
<div id="attachment_2276" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2276" title="Vistes Mines de Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00796.jpg" alt="Vistes Mines de Potosi" width="470" height="627" /><p class="wp-caption-text">Un mineur, prêt à partir !</p></div>
<p style="text-align: justify;">Après avoir enfilé notre tenu de mineur (bottes, pantalon, chemise, casque et lumière), nous roulons vers le Cerro Rico. J&rsquo;ai le cœur qui bat à toute allure ; après plusieurs échanges avec des jeunes français l&rsquo;ayant récemment fait, l&rsquo;expérience a l&rsquo;air plutôt traumatisante, je pèse mes mots ! D&rsquo;autant plus que je suis un peu asthmatique. J&rsquo;ai bien emmené le produit adéquat mais si les conditions sont trop dures, arriverais-je à  contrôler la crise ? Voilà mes sentiments dans ce petit bus nous conduisant tout droit vers les tubes de l&rsquo;enfer, un mélange d&rsquo;excitation et d&rsquo;angoisse. Une chose est sûr : j&rsquo;ai envie d&rsquo;y aller ! Je veux rencontrer ces mineurs !</p>
<p><img class="size-full wp-image-2279" title="Vistes Mines de Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00779.jpg" alt="Vistes Mines de Potosi" width="470" height="353" /></p>
<p style="text-align: justify;">Notre petit groupe, appelé par Lama Face &laquo;&nbsp;Sex Machine&nbsp;&raquo; (pour mieux se retrouver dans la mine, ce sont des noms de codes tout ça), se réunira à deux mètres de l&rsquo;entrée de la mine en souriant en échangeant quelques regards pour s&rsquo;encourager. Je ne sais pas où je vais mais je ne peux pas trop reculer, plus maintenant…. allez j&rsquo;y vais !</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2270" title="Entrée d'une mine à Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00806.jpg" alt="Entrée d'une mine à Potosi" width="470" height="353" /></p>
<p style="text-align: justify;">Progressivement je dis au revoir à la lumière, je dis au revoir à peu près tout ce qu&rsquo;il y a de sain et de ce que j&rsquo;ai pu connaître sur cette planète. Nous descendons dans les entrailles de la Terre. Attention au Tio !</p>
<div id="attachment_2264" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2264" title="El Tio mines de Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00849.jpg" alt="El Tio mines de Potosi" width="470" height="353" /><p class="wp-caption-text">Les mineurs prient autant Dieu que &quot;El Tio&quot; : le diable qui vit dans la montagne. Chaque mine a son propre Tio et si un mineur de fait pas d&#39;offrande le matin, il risque d&#39;être manger vivant par El Tio!</p></div>
<p style="text-align: justify;">El Tio me fait froid dans le dos&#8230; Cette représentation devrait me faire sourire mais c&rsquo;est tout l&rsquo;inverse !</p>
<p style="text-align: justify;">En revoyant les photos aujourd&rsquo;hui, une semaine plus tard, je m&rsquo;aperçois que mon cerveau devait être positionné sur &laquo;&nbsp;off&nbsp;&raquo;. Comment aurais-je pu avancer sinon ? J&rsquo;étais là dedans ?</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2261" title="Couloirs mines de Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00824.jpg" alt="Couloirs mines de Potosi" width="470" height="627" /></p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes au premier niveau de la mine, une personne a déjà abandonné la visite. Il faut dire que l&rsquo;on est loin de l&rsquo;image de la mine française (j&rsquo;en ai visite une étant petite) ; les poutres en bois retenant le plafond sont prêtes à exploser, en tout cas, c&rsquo;est mon avis. Nous devons nous courber dans les couloirs et mes bras écartés je peux toucher les parois, et pourtant je ne fais que 1m 60.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2278" title="Mines de Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00836.jpg" alt="Mines de Potosi" width="470" height="353" /></p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;A droite ! A droite !  Vite ! Vite&nbsp;&raquo; crie Lama Face ! Paniqués nous courons nous mettre à l&rsquo;abri contre un mur. Nous étions prévenus, les mines c&rsquo;est dangereux. Un chariot passe à toute allure à seulement cinquante centimètres de nous. Rempli de sacs, il pèse sûrement plusieurs tonnes. Un autre chariot passe. Le premier était électrique, le second, poussé par deux hommes. Je pousse un cri de stupéfaction. Ou sommes-nous ??</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2263" title="Chariot Mines de Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00809.jpg" alt="Chariot Mines de Potosi" width="470" height="627" /></p>
<p style="text-align: justify;">Nous nous dirigeons vers le second niveau. Les normes de sécurité sont inexistantes dans ces mines. Nous avançons les fesses à terre sur de longues pentes de six mètres extrêmement glissantes, et je dois m&rsquo;accrocher parfois grâce à mes ongles à la terre sèche et compacte (vous comprendrez pourquoi je n&rsquo;ai pas filmé).</p>
<div id="attachment_2272" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2272" title="Visiter les Mines de Potosi, c'est sportif !" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00815.jpg" alt="Visiter les Mines de Potosi, c'est sportif !" width="470" height="353" /><p class="wp-caption-text">Descente glissante de plusieurs mètres, je m&#39;en souviens encore...</p></div>
<div id="attachment_2280" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2280" title="Passerelle des Mines de Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00818.jpg" alt="Passerelle des Mines de Potosi" width="470" height="353" /><p class="wp-caption-text">virage serré à gauche ! Les petites lumières à droite sont des mineurs, attention à la chute!</p></div>
<p style="text-align: justify;">Nous nous faufilons aussi sur des passerelles d&rsquo;un mètre pour rejoindre d&rsquo;autres tunnels avec… oh, le vide à droite ! Ne pas regarder. Trop tard, j&rsquo;aperçois des hommes tout en bas, tout petits. Je me souviens aussi de cette grand échelle en en bois aux barreaux vacillants…</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2260" title="Mines de Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00841.jpg" alt="Mines de Potosi" width="470" height="627" /></p>
<p style="text-align: justify;">Pendant tout le début de cette longue descente en enfer, je garde mon sang froid. Je prend les choses très au sérieux et je suis hyper concentrée ; à chaque mouvement, je calcule tout. Tout se passe bien pour moi. Lama Face est aux aguets et surveille le moindre de nos gestes et pas. Il prévient à chaque potentiel danger. Il est très sérieux, on en attendait pas moins de lui.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<div id="attachment_2268" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2268" title="Tout petits couloirs de Potosi..." src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00816.jpg" alt="Tout petits couloirs de Potosi..." width="470" height="353" /><p class="wp-caption-text">C&#39;est moi ! </p></div>
<p style="text-align: justify;">En revoyant cette photo je ne peux m&rsquo;empêcher de faire les yeux rond. C&rsquo;est moi ? Moi qui m&rsquo;étais juré que je ne me pencherais pas plus bas qu&rsquo;assise dans cette mine !? Je suis à soixante cinq mètre sous terre, mon cerveau est définitivement sur &laquo;&nbsp;off&nbsp;&raquo;. Le groupe avance toujours et encore et nous faisons face à un micro tunnel. Aucune alternative, aucune stratégie meilleure qu&rsquo;une autre, le tunnel fait près de quatre cent mètres et pour continuer il faut s&rsquo;allonger. Je dois ramper à plat ventre, je fonce sans réfléchir.</p>
<p style="text-align: justify;">Je crois avoir ramper de longues minutes dans mes souvenirs. Dans ce tunnel, je peux à peine soulever la tête sans me cogner alors je me contente de fixer les pieds de ma voisine de devant.</p>
<p style="text-align: justify;">Claustrophobique moi ?? Nan ! Et pourtant, je n&rsquo;aime pas les grottes, je vous assure.</p>
<div id="attachment_2275" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2275" title="Descente en enfer Mines de Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00813.jpg" alt="Descente en enfer Mines de Potosi" width="470" height="353" /><p class="wp-caption-text">Descente en enfer, ou plutôt au troisième niveau ! Attention à la tête, ça peut faire mal</p></div>
<p style="text-align: justify;">Étrangement, avancer dans les mines de Potosi ne m&rsquo;aura pas traumatisé comme je le craignais, je veux dire par là : pas de crise d&rsquo;angoisse dûe à la profondeur et à l&rsquo;étroitesse des lieux. Je suis tout doucement notre guide jusqu&rsquo;au troisième niveau. Le plus difficile sera pour moi de respirer ; l&rsquo;air forme un épais nuage de poussière visible à l&rsquo;œil nu (et sur la plupart des photos). Ma bouche et ma trachée sont pleines de terre. Les principales causes de mort dans cette mine sont : (à écouter les mineurs : un homme n&rsquo;ayant pas fait d&rsquo;offrande au Tio et donc mangé par ce dernier) les accidents (une dynamite n&rsquo;ayant pas explosé quand on le souhaite par exemple) et la silicose (maladie pulmonaire) entre trente cinq et quarante cinq ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;ai les capacité de descendre dans cette mine</p>
<p style="text-align: justify;">Jusqu&rsquo;au drame…</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, pour moi.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes donc au troisième niveau et les mineurs nous interpellent &laquo;&nbsp;Vous avez du feu ?&nbsp;&raquo; Je fais non de la tête. Pourquoi du feu ? Ils ne vont pas s&rsquo;en griller une soixante mètre sous terre ?? Les mineurs insistent. Je ne comprendrais que deux minutes plus tard leur véritable raison et d&rsquo;un air encore plus convaincu je dirais &laquo;&nbsp;NON&nbsp;&raquo;. Ces mecs veulent faire péter de la dynamite ici ! Nous nous éloignons d&rsquo;une dizaine de mètres et je prie pour qu&rsquo;ils ne trouvent pas leur bonheur.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2274" title="Mineurs de Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00820.jpg" alt="Mineurs de Potosi" width="470" height="353" /></p>
<p style="text-align: justify;">Nous observions des hommes en train de hisser leur travail de la journée jusqu&rsquo;au premier niveau quand notre guide prend un air extrêmement sérieux. Ils nous demandent de ne plus bouger et nous conseillent de bien nous boucher les oreilles.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut six minutes, six petites minutes pour courir très loin…</p>
<p style="text-align: justify;">Cela en est trop pour moi… Derrière la petite porte situé à trois mètres de moi, un homme s&rsquo;est glissé je ne sais où pour faire exploser de la dynamite. Je suis assaillie par une seule et même pensée : me voilà à soixante mètre sous terre, ce qui n&rsquo;est pas très naturel pour moi, dans un couloir minuscule où je ne peux étendre mes bras, dans des conditions lamentable de travail… et cet homme va me faire assister malgré moi à une explosion d&rsquo;un bâton digne d&rsquo;un western ?! Je me bouche les oreilles très fort, si j&rsquo;avais pu me les boucher encore plus fort, enfoncer ma mains dans l&rsquo;oreille, je crois que je l&rsquo;aurais fait. Lama Face nous barre la route fermement. Les minutes sont interminables.</p>
<p style="text-align: justify;">Petite je n&rsquo;aimais pas les explosion de feux d&rsquo;artifices. Je me réfugiais dans les bras de mon père en pleurant. A Potosi, au fond de la mine, me revoilà enfant. Je panique et je me réfugie dans les bras de Fabien. Que va t il se passer ? Je n&rsquo;en ai pas la moindre idée. Je ne vais probablement pas mourir mais l&rsquo;idée à le mérite d&rsquo;être explorée. La tête enfouie dans la chemise de Fabien, je suis complètement terrorisée.</p>
<p style="text-align: justify;">Six coups de revolver s&rsquo;ensuivent. Est-ce fini ? Je lève la tête pour sonder du regarde Lama Face. Nous partons sur le couloir de gauche. Une jeune touriste comme moi observe son décompte et annonce à haute voix &laquo;&nbsp;Cela fait cinq minutes…&nbsp;&raquo; Je fronce les sourcils, la dynamite attendue n&rsquo;était pas ses six coups de feu ? Je n&rsquo;aurais pas le temps de me pencher plus longuement sur la question. Les oreilles non protégées, j&rsquo;entends un bruit énorme tout proche, plus fort qu&rsquo;un avion dépassant le mur du son au dessus de votre maison. Mais ce qui me marquera le plus dans cette explosion de dynamite si proche, ce sera le coup que j&rsquo;ai reçu sur la cage thoracique (c&rsquo;est une image bien sûr !)… comme une grosse caisse que l&rsquo;on ferait tomber sur vous. Avec une telle explosion, vos genoux se replient et vous perdez légèrement l&rsquo;équilibre.</p>
<div id="attachment_2277" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2277" title="Mines de Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00822.jpg" alt="Mines de Potosi" width="470" height="353" /><p class="wp-caption-text">Derrière cette porte, une mèche de bâton de dynamite a été allumé. Après l&#39;explosion, une grosse odeur de soufre a envahit le couloir. Pas très agréable.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Ça y&rsquo;est c&rsquo;est finit, Lama Face me le confirme. Je n&rsquo;apprécie plus du tout la visite. Lorsque le guide fermant la marche de notre groupe nous propose de continuer ou de remonter (nous sommes extrêmement encadré durant la visite et les guides ayant connaissance de mon état asthmatique me questionnent toutes les cinq minutes &laquo;&nbsp;ça va ? ne te préoccupes pas, tout vas bien. Mais si cela ne va pas, dis le&nbsp;&raquo;), j&rsquo;acquiesce d&rsquo;un oui timide. Je serais la seule à vouloir remonter, le groupe continue au quatrième. Étant petite, je n&rsquo;aimais pas les feux d&rsquo;artifices&#8230;</p>
<div id="attachment_2273" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2273" title="Mines de Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00826.jpg" alt="Mines de Potosi" width="470" height="353" /><p class="wp-caption-text">Porte au fond menant au quatrième niveau. Ici il fait déjà 30 degré dans les couloirs</p></div>
<p style="text-align: justify;">Durant ma longue remontée, une bonne demie-heure, le guide vraiment sympathique converse avec moi. Il s&rsquo;inquiète un peu aussi. Je lui explique que je n&rsquo;ai pas apprécié du tout l&rsquo;explosion. Il sourit. &laquo;&nbsp;Nous les mineurs, c&rsquo;est tout le contraire, on adore les explosions. C&rsquo;est signe que le travail est fini pour aujourd&rsquo;hui&nbsp;&raquo;. Je réfléchis à ce que Lama Face nous expliquait deux heures plus tôt et je reprends mon calme. Une explosion de dynamite est la partie la plus dangereuse du travail d&rsquo;un mineur. Non seulement ils doivent compter précisément combien d&rsquo;explosion il y a lieu (au cas certaines n&rsquo;est pas explosé à temps et fassent leur caprice le lendemain) mais une dynamite dégage des gaz rendant en seulement un quart d&rsquo;heure l&rsquo;air totalement irrespirable à proximité, plongeant dans le coma puis provoquant la mort à cause du monoxyde de carbone. A ma montre il est 17h, les mineurs de la section vont devoir remonter avant 18h. Et c&rsquo;est ce qu&rsquo;ils feront… en ma compagnie. Je suis ravie.</p>
<div id="attachment_2266" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2266" title="Mines de Potosi" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-01-01_Bolivie_Potosi_Mines_DSC00857.jpg" alt="Mines de Potosi" width="470" height="353" /><p class="wp-caption-text">Il fait soit très froid soit très chaud dans les mines</p></div>
<p style="text-align: justify;">Me voilà, sans le vouloir, la seule fille du tunnel aux côtés d&rsquo;une quinzaine de mineurs. Leur journée fini, la plupart encore torse nu (en bas il fait 45 degrés ; mais en haut j&rsquo;aperçois des stalactites dont certains d&rsquo;une substance extrêmement nocive pour la santé dont je n&rsquo;ai plus le nom). Ils ont le visage sévère et noir de poussière, mélangé à la sueur de leur labeur. Nous arrivons à un chariot bloquant le passage. Ce dernier est rempli de sac contenant le travail de la journée à remonter à la surface pour l&rsquo;emmener à &laquo;&nbsp;l&rsquo;usine&nbsp;&raquo;. Mon guide les aide à le pousser sur la pente et me conseille surtout de rester bien à l&rsquo;écart : le chariot pèse une grosse dizaine de tonnes, peut-être même plus. Ils sont cinq à le pousser et trois à le tirer par une corde à l&rsquo;avant. Le chariot avance péniblement, les mineurs crient de douleur. Je me contente d&rsquo;observer de loin comme mon guide me l&rsquo;a ordonné, mais j&rsquo;ai me sens inutile et beaucoup trop spectatrice de ce travail éreintant. Le chariot arrive vers un passage très petit, je suis recroquevillée de moitié et les sacs du dessus bloquent le passage. Mon guide, après plusieurs tentatives, leur conseille de laisser les trois sacs du dessus les empêchant de continuer. Mais les mineurs refusent catégoriquement : c&rsquo;est leur travail de la journée. Mon guide et moi les abandonnons.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque je vis la lumière au loin, j&rsquo;eus un pincement au cœur. Je suis soulagée et une joie m&rsquo;envahit. Alors c&rsquo;est ça de rester sous terre pendant quelques heures et d&rsquo;observer sa délivrance tout au bout du tunnel ? &laquo;&nbsp;La lumière au bout du tunnel, regarde là !&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est fini ! Je suis dehors !</p>
<p style="text-align: justify;">La première chose que j&rsquo;ai faite à l&rsquo;air libre est de respirer profondément une gigantesque bouffée d&rsquo;oxygène, j&rsquo;ai un amer gout de terre dans la bouche. Puis je fixe le ciel. Il est magnifique, la lumière aussi. J&rsquo;observe les formes du Cerro Rico, toujours aussi mystérieux à mes yeux mais aussi synonyme de souffrance désormais pour moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Me voilà sur mon petit cailloux encore habillée dans mes habits de fortune tout déchirés et sales de mineur. Le reste du groupe s&rsquo;approche pendant ce temps au quatrième niveau. J&rsquo;observe les mineurs qui ont fini leur journée. Ils sortent un à un de leur trou. Combien sont-ils à travailler la dessous ? Ils me sourient. Ils rigolent entre eux. Certains ont à peine quinze ans. A la ville de Sucre, une semaine plus tard, nous avons assisté à la projection d&rsquo;un documentaire sur ces mineurs, &laquo;&nbsp;Devil&rsquo;s miner&nbsp;&raquo;, qui suit deux petits enfants ayant perdus leur père et obligés de travailler pour survivre en parallèle de leur étude : ils avaient douze et quatorze ans. Je reste sous le choc d&rsquo;apprendre que des enfants sont mineurs. Le plus grand a commencé à dix ans… l&rsquo;âge d&rsquo;une de mes nièces…</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas si c&rsquo;est un cas exceptionnel et la question restera sans réponse pour moi… Mais d&rsquo;après mon guide ancien mineur, quoi que l&rsquo;on dise et l&rsquo;on pense, une majorité de mineurs ont choisis volontairement de travailler dans ces mines de Potosi, conscients qu&rsquo;à quarante ans la silicose les attend. Une majorité donc de mineurs totalement libres, travaillant pour leur compte et fiers d&rsquo;être des mineurs bravant El Tio, prêt à les manger vivant. Ils attendent et espèrent le bon filon, ce filon qui les rendra riche. Vous savez, un mineur gagne deux à trois fois mieux sa vie qu&rsquo;un autre habitant de la Bolivie, soit trois cent euro par mois pour les plus chanceux. Cela laisse à réfléchir quant à la situation du reste du pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Fin de la visite de la mine, fin de la projection du film une semaine après à Sucre. Je suis terriblement choquée et touchée. Mais cette expérience et toutes les informations apprises par le film m&rsquo;amènent à beaucoup réfléchir&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Bienvenue en Bolivie</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 16:32:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Elodie]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[04 BOLIVIE]]></category>
		<category><![CDATA[manger]]></category>
		<category><![CDATA[pays]]></category>
		<category><![CDATA[repos]]></category>

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		<description><![CDATA[Une semaine en arrière, en ouvrant la porte de notre chambre, nous n&#8217;aurions pas poussé un cri de soulagement et de réconfort en pénétrant dans cette auberge d&#8217;Uyuni, pourtant vivement critiquée par quelques routards sur internet. Et oui, ça y est nous sommes arrivés à Uyuni, face au fameux salar ce vendredi 11 mai. Dans [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Une semaine en arrière, en ouvrant la porte de notre chambre, nous n&rsquo;aurions pas poussé un cri de soulagement et de réconfort en pénétrant dans cette auberge d&rsquo;Uyuni, pourtant vivement critiquée par quelques routards sur internet. Et oui, ça y est nous sommes arrivés à Uyuni, face au fameux salar ce vendredi 11 mai. Dans cette ville, il y a très peu internet, il y a très peu à faire aussi, alors nous ne donnerons pas trop de nouvelles, nous userons du web seulement pour continuer notre voyage.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant et afin de nous remettre de nos aventures de quatre jours dans le Sud Lipez &#8211; nous sommes encore un peu sous le choc et il y a du tri de photos à faire car le circuit fut dense &#8211; nous allons retourner légèrement dans le passé&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Nous arrivions en Bolivie le 03 Mai 2012. <span id="more-2117"></span>Le passage de frontière se passa à merveille et l&rsquo;immersion en terre bolivienne aussi. Nous avions décidé volontairement, quand d&rsquo;autres filent à toute allure, de rester à Tupiza pendant quatre jours entiers. Nous étions fatigués de notre remontée de l&rsquo;Argentine (dieu que ce pays est grand!) et nous avions besoin de faire la transition en douceur. Nous n&rsquo;aurions pas cru que changer de pays pourrait être à ce point déstabilisant (presque deux mois en Argentine!),  la population change, les traditions changent, la monnaie est totalement différente (le bolivianos rappelons-le), la valeur monétaire est très à la baisse et notre budget aussi.</p>
<p style="text-align: justify;">En Bolivie, nous tirons moins la langue. Enfin un pays où nous pourrons manger et vivre sans (trop) compter ! Ici, nous avons un hôtel à seize euro pour deux. Nous passons beaucoup de temps dans l&rsquo;hôtel Mitru, très luxueux à nos yeux (il n&rsquo;a rien d&rsquo;extraordinaire pourtant, mais après deux mois d&rsquo;auberges, parfois un peu limites en terme d&rsquo;hygiène, cet hôtel est un vrai paradis). Un superbe hôtel, quoi, et pas très cher !</p>
<div id="attachment_2119" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2119" title="Hotel_Mitru" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/DSC00744.jpg" alt="Hotel_Mitru" width="470" height="627" /><p class="wp-caption-text">on a enfin du wifi à l&#39;hôtel </p></div>
<div id="attachment_2120" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2120" title="Hotel_Mitru_piscine" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/DSC00745.jpg" alt="Hotel_Mitru_piscine" width="470" height="627" /><p class="wp-caption-text">piscine chauffée à l&#39;énergie solaire au Mitru</p></div>
<p style="text-align: justify;">Tupiza est une ville très très calme, assez jeune et &laquo;&nbsp;moderne&nbsp;&raquo; (n&rsquo;imaginez pas Paris! ni Challans! ni même la France en général) mais les clichés ont la vie dure, vous le savez. Nous étions persuadés d&rsquo;arriver dans une Bolivie sans charme, ni électricité, aux maisons plus que délabrées et à la population vivant par terre. Et bien non, nous sommes surpris de voir des maisons &#8211; nos n&rsquo;irons pas jusqu&rsquo;à dire belles &#8211; qui tiennent debout, et aux mêmes formes qu&rsquo;en Argentine (en tourbe ou brique rouges). Les jeunes dans la rue ont un téléphone portable (un rapide coup d&rsquo;œil sur les marchés, le portable est à douze dollars), et après l&rsquo;école, les adolescents filent jouer avec leur copains à la Playstation 2 (la trois n&rsquo;est pas arrivé quand même !) dans la salle d&rsquo;arcade, pas à la maison. Les Boliviens sont sympathiques et ont le sourire. Le costume traditionnel est encore à la mode… mais pas trop. Ils s&rsquo;habillent comme nous en réalité, avec quelques excentricités.</p>
<div id="attachment_2118" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2118" title="Tupiza_rue" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/2006-02-08_Bolivie_Tupiza_DSC00740.jpg" alt="Tupiza_rue" width="470" height="353" /><p class="wp-caption-text">Tupiza près de la gare routière</p></div>
<div id="attachment_2123" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2123" title="rue Bolivie" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/DSC00759.jpg" alt="rue Bolivie" width="470" height="353" /><p class="wp-caption-text">costume traditionnel contre habits de tous les jours</p></div>
<div id="attachment_2124" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2124" title="Tupiza" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/IMG_7270.jpg" alt="Tupiza" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">Tupiza points de vue</p></div>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-2125" title="Tupiza" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/IMG_7271.jpg" alt="Tupiza" width="470" height="313" /></p>
<p>Nous partons tous les midi manger parmi les boliviens (il y avait très peu de touristes avec nous) dans une cantine familiale pour &laquo;&nbsp;un almuerzo&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est le menu du jour et c&rsquo;est la même chose pour tout le monde. Nous mangeons entrée-plat-dessert pour un euro cinquante par personne. C&rsquo;est incroyable ! et  vous comprenez ainsi pourquoi nous sommes restés si longtemps dans la ville. Nous prenons des forces, on remplit nos estomacs.</p>
<div id="attachment_2122" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2122" title="Almuerzo_Bolivie" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/DSC00751.jpg" alt="Almuerzo_Bolivie" width="470" height="627" /><p class="wp-caption-text">La sopa del dia ! l&#39;entrée en Bolivie</p></div>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2121" title="Almuerzo_Bolivie" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/DSC00748.jpg" alt="Almuerzo_Bolivie" width="470" height="627" /></p>
<p style="text-align: justify;">Voici donc notre programme, certes assez pépère, à Tupiza : se sustenter, se reposer et se promener un peu.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2126" title="Tupiza" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/IMG_7281.jpg" alt="Tupiza" width="470" height="705" /></p>
<div id="attachment_2127" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2127" title="Tupiza_El_Canon" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/IMG_7320.jpg" alt="Tupiza_El_Canon" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">promenade de deux heures autour de la ville</p></div>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-2129" title="Tupiza_El_Canon" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/IMG_7353.jpg" alt="Tupiza_El_Canon" width="470" height="313" />Nous prenons des forces pour le Sud Lipez, on s&rsquo;acclimate aussi, et nous avons bien raison… Les jours à venir serons rudes!</p>
<div id="attachment_2128" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2128" title="Tupiza_El_Canon" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/IMG_7330.jpg" alt="Tupiza_El_Canon" width="470" height="313" /><p class="wp-caption-text">A Tupiza, on se croirait dans un décor de western !</p></div>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Bloqueos</title>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2012 04:00:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Elodie]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les médias boliviens exposent toute la journée les mêmes informations, les mêmes images, les mêmes alertes. Notre hôtel à Tupiza (Bolivie) nous avait prévenu par mail deux jours plus tôt alors que nous étions encore en Argentine, la compagnie ferroviaire bolivienne aussi, les guides de voyage parlaient quant à eux de &#171;&#160;quotidien bolivien&#160;&#187;. Tant pis [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les médias boliviens exposent toute la journée les mêmes informations, les mêmes images, les mêmes alertes. Notre hôtel à Tupiza (Bolivie) nous avait prévenu par mail deux jours plus tôt alors que nous étions encore en Argentine, la compagnie ferroviaire bolivienne aussi, les guides de voyage parlaient quant à eux de &laquo;&nbsp;quotidien bolivien&nbsp;&raquo;. Tant pis ! On y va ! On passera la frontière ! On ira en Bolivie !  Tampons d&rsquo;entrée pour trente jours sur nos passeports et sacs de dix huit kilos sur le dos &#8211; à 3 500 m d&rsquo;altitude, imaginez le défi &#8211; nous sommes accueillis en Bolivie par<span id="more-2099"></span>&#8230; des grèves. Ceci est une grève de routine avons-nous presque envie de dire !  Nous n&rsquo;avons donc pas de train en Bolivie (on le savait en partant de Tilacara en Argentine), nous ne savons pas si il y a des bus pour rejoindre la ville où nous devons dormir le soir, nous n&rsquo;avons pas la moindre idée de la valeur d&rsquo;une course de taxi (et prendre lequel ??) et nous n&rsquo;avons aucun boliviano en poche (la monnaie locale). Nous n&rsquo;avons que notre optimisme et c&rsquo;est déjà pas mal. Cependant, à 3 500m d&rsquo;altitude, il transpire et manque d&rsquo;oxygène. Arrivée à la gare routière trente minutes plus tard de marche trèèèès lente et silencieuse &#8211; pour conserver de l&rsquo;air dans nos poumons &#8211; après un rapide passage à un distributeur de billet (auquel nous demandons quatre cents bolivianos sans la moindre idée de sa valeur ! en Argentine quatre cents pesos c&rsquo;est déjà énorme), nous voilà donc encerclés de rabatteurs à la gare routière de Villazon.  Comment savent-ils que nous allons à Tupiza, tous ? C&rsquo;est écrit sur notre tête ? Très patients, et peut-être pour la première depuis notre départ en voyage, nous nous séparons en deux groupes de une personne pour faire toutes les agences chacun de son côté. Fabien à gauche, Elodie à droite. Cinq minutes plus tard, bilan : un prix fixe : quinze bolivianos par personne (1,66€) et plusieurs heures de départ. Nous nous décidons sur la seule agence ne nous n&rsquo;ayant pas harcelée jusqu&rsquo;ici, tout au bout de la gare, tenue par une vieille dame très calme. Nous écrivons nos petits noms sur un papier et voilà, nous avons nos billets de bus pour Tupiza !  Reste à savoir s&rsquo;il n&rsquo;y aura pas de &laquo;&nbsp;bloqueos&nbsp;&raquo; comme ils disent, des barrages en dehors de la ville&#8230;  En attendant le départ, notre premier repas bolivien (gargote conseillée par notre petite vieille dame de l&rsquo;agence de bus, &laquo;&nbsp;pas très cher qu&rsquo;elle disait&nbsp;&raquo;) est un festin. Peut-être que pour vous ce serait un maigre repas, mais comprenez qu&rsquo;après deux semaines de serrage de ceinture extrême et de cuisine de pâtes à la tomate (en boite !), nous arrivons dans cette gargote bolivienne, l&rsquo;estomac tout tout petit et surtout les yeux émerveillés par une escalope de poulet pané, une pomme de terre et du riz,  le tout rafraîchi par un litre de Fanta. Ce repas fut un festin (avec du recul, plutôt banal) et il ne nous en coûta que deux euro pour deux !  Pendant que nos papilles se réjouissent de notre repas, la télé, accrochée au mur avec l&rsquo;emballage plastique encore présent &#8211; comme une gloire ? -, cette télé diffuse des reportages des grèves en Bolivie. La Paz est bloquée, Santa Cruz est bloquée, Potosi est bloquée. Nous frémissons.  Ce sera donc ça notre première image de la Bolivie ? Nous en sourions.  Le bus jusqu&rsquo;à Tupiza durera deux fois moins de temps que le train et se passera dans d&rsquo;excellente condition (on nous avait prédit cent fois le contraire). Nous sommes entourés de vieilles dames en jupons et chapeaux melons, enfants accrochés dans le dos et nos sacs à dos voyageant en compagnie de leurs énormes sac de pomme de terre. Une immersion plus rapide que prévue en Bolivie, nous avons quitté l&rsquo;Argentine.  Nous nous réjouissons de la grève des trains et d&rsquo;avoir porté notre choix sur le bus. Une aubaine quoi !</p>
<div id="attachment_2101" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2101" title="Gare ferroviaire de Tupiza" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/DSC00742.jpg" alt="Gare ferroviaire de Tupiza" width="470" height="627" /><p class="wp-caption-text">A la gare ferroviaire de Tupiza, quand on dit grève, on ne plaisante pas : aucun train ne passera!</p></div>
<p>A l&rsquo;heure de l&rsquo;écriture cet article, nous sommes en Bolivie depuis cinq jours et nous allons partir pour le Sud Lipez en 4&#215;4. Pendant quatre jours, nous serons à 4 200m et des brouettes, nous allons rouler dans d&rsquo;immenses déserts et voir au passage quelques merveilles. Nos divers logements, plus que rudimentaire paraît-il, ne nous permettront pas de communiquer avec vous pendant une semaine (ni de prendre une douche chaude). Alors ne vous inquiétez surtout pas ! Pas de nouvelles, bonnes nouvelles quand même !  Ce soir, les sacs sont prêts mais une ombre plane sur  Tupiza&#8230; Depuis ce matin, des taxis vides sont stationnés en travers des rues dans toutes la ville&#8230;  BLOQUEOS !!  Les routiers sont en grève. Notre agence d&rsquo;excursion nous confirme que l&rsquo;on partira demain &#8211; le 4&#215;4 est garé en dehors de la ville, 4&#215;4 que l&rsquo;on rejoindra à pied &#8211; et elle garde le sourire. Si c&rsquo;est comme la première fois, on passera !</p>
<div id="attachment_2100" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img class="size-full wp-image-2100" title="Grève des taxis aussi…" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2012/05/DSC00754.jpg" alt="Grève des taxis aussi…" width="470" height="627" /><p class="wp-caption-text">Grève des taxis aussi…</p></div>
<p>Ceci est une grève de routine on a envie de dire !</p>
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		<title>Boycott ?</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Oct 2011 21:50:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Elodie]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Préparatifs]]></category>
		<category><![CDATA[choix]]></category>
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		<description><![CDATA[Notre itinéraire d’un an ne s’est pas construit en un seul jour sur un coup de tête. Quelques choix ont été faits avec beaucoup de réflexion. Sur notre parcours d’un an, nous allons nous rendre dans des régions isolées, n’ayant presque aucun poids (en apparence) sur  l&#8217;économie mondiale, des régions ignorées par le tourisme de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Notre itinéraire d’un an ne s’est pas construit en un seul jour sur un coup de tête. Quelques choix ont été faits avec beaucoup de réflexion. Sur notre parcours d’un an, nous allons nous rendre dans des régions isolées, n’ayant presque aucun poids (en apparence) sur  l&rsquo;économie mondiale, des régions ignorées par le tourisme de masse. Elles font parfois polémiques et subissent aussi du « boycott » régulier.</p>
<p>En janvier 2013, nous allons nous rendre au Myanmar pendant un mois. D’après les nombreux guides touristiques et les personnes à s’y être rendues, le Myanmar (Birmanie) compte parmi les destinations les plus fascinantes au monde.<span style="color: #666699;"> &laquo;&nbsp;Voici la Birmanie, un pays qui sera différent de tous ceux que tu connais.&nbsp;&raquo; – Kipling. </span>Mais une question délicate plane sur ce pays depuis l’instauration d’un boycott sur le tourisme en 1995. En effet, le Myanmar reste une dictature où les droits de l’homme sont encore bafoués. Alors, faut-il y aller ?</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-912" title="Bagan" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2011/10/Bagan.jpg" alt="" width="494" height="370" /><span id="more-856"></span></p>
<p>Nous ne pouvons commencer cet article sur le Myanmar sans revenir un peu dans l’histoire… Nous sommes dans les année 1990…</p>
<p>Après des décennies d’isolement volontaire, la faillite économique au Myanmar pousse ce pays à importer de quoi nourrir sa population. Le pays commence à s’ouvrir. La première dictature au monde (par sa longévité) a ainsi invité les investisseurs étrangers : elle allonge alors la durée du visa d’une semaine à 28 jours et proclame 1996 « Visit Myanmar Year » (Année du tourisme au Myanmar), espérant voir affluer un demi-million de touristes. Le monde y vit un signe positif : le gouvernement qui avait ignoré les résultats des élections de 1990 commençait à changer… Mais on appris très vite ce qui s&rsquo;y passait… Des centaines de milliers de travailleurs forcés étaient mis à contribution pour construire des pistes d’aéroports, des routes, et préparer des sites touristiques. Des villages entiers, comme le Vieux Bagan, furent déplacés pour laisser place à des hôtels de luxe. S&rsquo;en suivit alors un boycott par le reste du monde qui eut un effet immédiat. Et il  fonctionna : moins de 200 000 visiteurs se rendirent au Myanmar durant « l’Année du tourisme au Myanmar ».</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, certains groupes militants dissuadent encore les touristes de s’y rendre et de nombreuses agences de voyages soutiennent ce boycott. En parallèle à cela, d’autres militants, dont nombreux citoyens du Myanmar, affirment que le boycott n’a plus de sens : il a incité les généraux militaire birmans à conclure des accords beaucoup plus lucratifs avec d’autres États tel que l’Inde et la Chine. L’impact du tourisme sur le PIB du Myanmar n’est que de 0,7%&#8230; L’intérêt de ce secteur est donc passé aujourd’hui largement au second plan. Les généraux ont courtisé les pays voisins, négociant son pétrole et son bois. Ce sont des millions de dollars qui entrent désormais en jeu… Face à ce constat, le boycott touristique a t il encore un sens aujourd’hui ? Le débat est lancé. Tout voyageur se doit de se poser la question avant d’y envisager un séjour.</p>
<p>L’écrivain en exil, Thant Myint U, réagit face au boycott actuel. Selon lui, l’isolement d’un gouvernement refermé sur lui-même est « contre-productifs et dangereux ». Il ne fait que durcir l’attitude des généraux. Soulignons aussi que le secteur touristique s’est largement privatisé par rapport à ses débuts d&rsquo;il y a vingt ans, lorsque les autorités avaient un contrôle absolu. Ainsi, aujourd’hui, 80% du budget d’un voyageur indépendant peut revenir à des particuliers sans passer par la junte militaire. Pour cela, il faut s’informer, loger dans des pensions privées, sortir des sentiers battus et orienter ses dépenses autant que possible vers le secteur privé.<span style="color: #666699;"> « Le tourisme, fenêtre sur le monde extérieur, en apprend davantage aux Birmans que n’importe quel site internet. Les étrangers s’assoient, discutent et apportent de nouvelles idées, un nouveau souffle » a dit Zarni, professeur à Oxford et fondateur de &laquo;&nbsp;Free burma Coalition&nbsp;&raquo;.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #666699;">« Si la Birmanie était moins isolée, s’il y avait plus d’échanges commerciaux, plus de contacts, plus de tourisme surtout, alors peut-être les conditions seraient-elles réunis pour un changement politique dans dix ou vingt ans » Thant Myint U</span></p>
<p><span style="color: #666699;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-918" title="lac" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2011/10/lac-300x198.jpg" alt="" width="276" height="182" /></span></p>
<p>En choisissant de partir visiter le Myanmar pendant notre tour du monde, nous avons décidé de voyager plus intelligemment que dans n&rsquo;importe quel autre pays. Nous ne partons pas pour « faire des photos » (mais nous en ferons, bien entendu). Nous ne partons pas non plus à des fins militantes (que l’on rassure tout le monde !!). Faire un tour du monde c’est réfléchir, s’ouvrir au monde, essayer de le comprendre, l’observer avec nuances, témoigner.  En choisissant de partir au Myanmar, il a fallu poser le pour et le contre.  Nous avons rencontré un voyageur il y a un an, adhérent à abm, revenant de trois semaines de séjour au Myanmar. Son récit nous a captivé. Il avait l’air si ému de son voyage… Comment un pays peut-il bouleverser tout un homme ? La question nous est encore sans réponse… Le peuple birman est décrit comme authentique, généreux, curieux, bavard, bon enfant et non-influencé par par le tourisme de masse ni la dictature actuelle (évitons certaines questions cependant). Nous avons découvert par le biais de cet homme d&rsquo;abm une culture très particulière aux multiples facettes et des paysages à couper le souffle ! Mais en voyageant dans ce pays, nous avons pris la décision de financer au minimum les généraux militaires en évitant certain lieu touristique. Nous pouvons limiter ainsi notre impact.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-913" title="paya" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2011/10/paya.jpeg" alt="" width="241" height="303" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Mais soyons cependant réaliste : le tourisme n’influence plus réellement les devises de la dictature birmane. Elle en dépend très peu dorénavant. L’essentiel de ses ressources vient du commerce des pierres, du bois, des textiles et surtout du pétrole et du gaz. Les investisseurs asiatiques sont très gourmands, notamment …</p>
<p>La Chine.</p>
<p>Curieuse coïncidence en effet car la deuxième région de notre itinéraire subissant un boycott important de la part de militants mondiaux se trouve en Chine : le Tibet. Voici un texte qui nous a décidé à nous y rendre :</p>
<p><span style="color: #666699;"><img class="alignleft size-full wp-image-914" title="Dalai_lama" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2011/10/Dalai_lama.jpg" alt="" width="136" height="136" />« La question du Tibet n’est pas aussi simple qu’exprimée parfois. Je crois qu’il y a encore des malentendus sur la culture tibétaine et sur ce qui se passe à l’intérieur et l’extérieur du Tibet. Par conséquent, je salue toutes les personnes ouverts d’esprit pour découvrir par elles mêmes quelle est la réalité au Tibet. Nous vivons une époque de changements rapides dans le monde entier, mais particulièrement à l’heure actuelle en Asie et en Chine.  Je crois que mon approche non violente, entraînant un dialogue constructif, attirera un soutien efficace et de sympathie au sein de la communauté chinoise.</span></p>
<p><span style="color: #666699;">En attendant, je suis également convaincu que plus de gens se rendront au Tibet, plus le nombre de ceux qui soutiennent la justice via une solution pacifique va croître. »</span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #666699;"> &#8211; Le Dalaï Lama -</span></p>
<p>Nous lisons beaucoup d&rsquo;ouvrage actuellement traitants de l&rsquo;Asie (le bouddhisme, La question du Tibet, Histoire de Chine, etc<em>) </em>et nous avons été marqué par certains faits annoncés… Sans vouloir pointer du doigt la Chine (un fantastique pays !), nous  sommes en droit de nous poser quelques questions lorsque des ONG, ou  encore l’ONU dévoilent des chiffres aussi inquiétants.<em><em> </em></em></p>
<p>&#8211; l’ONG dénonce l’usage massif de la peine de mort : 5 000 à 8 000 personnes sont exécutées chaque année. Un scandale a éclaté : les juges corrompus s’enrichiraient en revendant des organes des condamnés.</p>
<p>&#8211; plus de 3,5 millions de personnes on été expulsées de leur logement depuis le projet de rénovation urbaine en 1990</p>
<p>&#8211; le droit à la santé est extrêmement précaire : la proportion de chinois ayant accès à la santé publique est passé de 71% en 1981 à 21% en 1993.</p>
<p>&#8211; depuis l’invasion chinoise au Tibet, sur 6 millions de tibétain, on estime 600 000 morts (famine, extermination, suicides suite à des internements). C’est 10% de la population.</p>
<h6><em><em>(Source : Frédéric Lenoir, écrivain et directeur du magazine « Le Monde des religions »)<br />
</em></em></h6>
<p>Il faut bien sûr prendre du recul par rapport à la presse mondiale, s’emparant d’éléments divers pour les grossir, mais force est de constater régulièrement que malgré l’essor économique de la Chine, les indicateurs tel que la démocratie, la santé, les droits de l’homme, la propriété intellectuelle, révèlent une Chine progressant très peu dans le temps.</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-917" title="Chine" src="http://www.2ci2la.fr/wp-content/uploads/2011/10/Chine-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></p>
<p>En boycottant le Myanmar ne pousse-t-on pas les généraux dictateurs dans les bras de voisins riches où le respect des droits de l’homme laisse tout autant à désirer ?&#8230;</p>
<p>Alors, boycott ou non ? Faut-il y aller ? Tout visiteur doit se poser la question et apporter sa propre réponse en construisant son séjour de manière à  reconsidérer son impact sur les lieux visités. Il existe mille petits gestes qui font une vraie différence pour la population.</p>
<p><span style="color: #3366ff;">« Ne venez pas uniquement pour prendre des photos. Nous n’avons pas besoin de ce genre de touristes. Parlez avec ceux qui veulent parler. Racontez-leur comment vous vivez » – un habitant de Yangon -</span></p>
<p>Et nous croyons que c’est cela un tour du monde, peu importe le lieu où vous vous rendrez.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Kangtchen Yul</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Aug 2011 05:00:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Elodie]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Préparatifs]]></category>
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		<category><![CDATA[itinéraire]]></category>
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		<description><![CDATA[« &#8211; Chéri ? Nous partons faire le tour du monde ! &#8211; Oui bien sûr mon amour. Mais quand ? &#8211; Dans deux ans ! &#8211; Ah oui ? Et quels pays veux-tu aller voir ? &#8211; Oh je ne sais pas, on verra…  » L’itinéraire d’un tour du monde, quelle bagatelle… Vous êtes nombreux à penser qu’un itinéraire se [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>« &#8211; Chéri ? Nous partons faire le tour du monde !</p>
<p>&#8211; Oui bien sûr 	mon amour. Mais quand ?</p>
<p>&#8211; Dans deux ans !</p>
<p>&#8211; Ah oui ? 	Et quels pays veux-tu aller voir ?</p>
<p>&#8211; Oh je ne sais 	pas, on verra…  »</p>
<p>L’itinéraire d’un tour du monde, quelle bagatelle… Vous êtes nombreux à penser qu’un itinéraire se décide en claquant des doigts, que vous avez suffisamment d’envies pour choisir vite. Détrompez-vous, une suggestion de destination entraîne une hypothèse qui elle-même amène une contre-idée puis une réaffirmation et enfin… une prise de tête. Que choisir lorsque le monde entier n’attend que vous ?&#8230; Dites-moi, pendant  un an, si vous deviez décider et trancher entre dix et quinze destinations… lesquelles seraient-elles ? C’est déjà plus difficile.</p>
<p>Pour nous, la problématique des désirs et fantasmes fut tranchée : chacun avait le droit à un joker. Oui, un seul joker.<span id="more-438"></span></p>
<p>Petite explication : un joker est une destination qui ne sera jamais remise en question et où tous les moyens seront mis en œuvre pour l’atteindre. Ici, tout est permis. Cela peut être un lieu, une rencontre, une activité voir une expédition. Chien de traineaux, pourquoi pas ? Plongée sous-marine aussi. Vous avez compris ?</p>
<p>Pour Fabien, le joker sera l’île de Pâques, rencontrer les moais. Pour Elodie, ce sera le Tibet, grimper sur le toit du monde et vivre quelques instants parmi les moines, ces personnes sages consacrant leurs vies à la méditation. Ce joker-ci, entraînant une réflexion et puis une autre, et enfin, pas mal de questions, a revêtu finalement un caractère particulier par rapport au reste de l’itinéraire, mélangeant rêves, mystères, indignations, réflexions et incompréhensions. Mais c’est toujours avec respect et curiosité que nous appréhendons cette destination.</p>
<p>« Kangtchen Yul », le pays des Neiges, en langue tibétaine.</p>
<p>Une exploratrice française, Alexandra David-Néel, après un long séjour à Lhassa en 1924, écrivait dès son retour : « J’ai le mal du pays pour un pays qui n’est pas le mien. Les steppes, les solitudes, les neiges éternelles et le grand ciel clair de « là-haut » me hantent ! Les heures difficiles, la faim, le froid […] tout cela importait peu, ces misères passaient vite et l’on restait perpétuellement immergé dans le silence où seul le vent chantait, dans les solitudes presque vides même de vie végétale, les chaos de roches fantastiques, les pics vertigineux et les horizons de lumière aveuglante. Pays qui semble appartenir à un autre monde, pays de titans et de dieux. Je reste ensorcelée …»</p>
<p>Le Tibet nourrit depuis des siècles l’imagination des voyageurs et de ses habitants. Il fascine. Il hypnotise et attire de nombreux hommes en quête de spiritualité. Son altitude exceptionnelle – 4 000m en moyenne – lui confère une lumière particulière et comme une sorte de proximité avec le ciel. Ses immensités sans habitat, son climat extrême lui donnent sans doute une sorte d’aura mystique, dit-on. Vous êtes très nombreux autour de nous à demander <em>&laquo;&nbsp;Pourquoi le Tibet ? Il y a plein de chose à voir ailleurs, même de la montagne, alors pourquoi vouloir si compliqué ?&nbsp;&raquo;&#8230; </em>Toutes choses et toutes envies ne sont pas toujours liées à une explication. Pour une fois, aucune raison ne dicte la décision. Aux nombreux regards insistants et interrogateurs à propos de la question « que faire au Tibet ? », j’exprimerai simplement l’envie de marcher pendant des heures en silence sur le toit du monde, m’enrichir de son air vif, de sa rudesse et de sa force ; mais aussi et surtout l’envie de dormir dans un monastère. Ecouter, observer, réfléchir, penser, toujours en silence.</p>
<p>Et c’est tout, il n’y aurait pas dû y avoir plus de programme que cela.</p>
<p>Mais l’histoire de ce pays – aujourd’hui annoncé comme région autonome de Chine – oblige de nombreuses formalités administratives et organisation massive. Nous devrons « structurer » notre périple et, au prix de notre liberté – planifier de A à Z, guide compris, notre séjour au pays des Neiges.</p>
<p>Quand le joker entraîne une réflexion et puis une autre, et au final… beaucoup de questions.</p>
<p>Je me passionne donc depuis des mois pour le Tibet. Histoire, culture, géographie, mode de vie, tradition, bouddhisme, débats et essais sur certaines questions qui dérangent&#8230;  Mais promis, peu importe le prix, nous irons là-haut et nous vous raconterons – (en silence ?). Et si vous aussi, vous avez des choses à raconter ou des sentiments à exprimer, n’hésitez pas à me contacter, ou bien à vous exprimer sur ce site. Je serais ravie, ne serait-ce que pour papoter voyage autour d’un thé, au beurre de yak si vous en avez (et n’oubliez pas les boulettes de tsampa !).</p>
<p>En conclusion, je souhaiterais expliquer à tous combien ce tour du monde est enrichissant pour nous. L’aventure ne l’est pas qu’à partir du moment où nous prendrons l’avion – le 1<sup>er</sup> Mars si vous avez bien suivi – mais elle nous enrichit et nous comble depuis le premier jour où nous préparons notre voyage.</p>
<p>Merci à toutes ces personnes que nous avons rencontré, de leur sourire, de leur spontanéité et de leur gentillesse.</p>
<p>Cette aventure est passionnante car nous ne nous contentons pas de nous renseigner depuis des mois sur des formalités – visas, douanes etc. – mais nous étudions et réfléchissons plus loin que ça. Notre curiosité aiguisée, nous potassons et observons plus que d’ordinaire. Le monde et ses cultures s’ouvrent à nous.</p>
<p>C’est le cas avec le Tibet où certaines questions font débat, suscitant de nombreuses réactions émotionnelles basées parfois sur une méconnaissance des faits et sur lesquelles il faut pourtant débattre avec prudence, sagesse, surtout sans à priori.</p>
<p>Voici comment notre voyage s’organise, entremêlé de suspense, de défaites, de recherches et de victoires aussi (il en faut). Nous serions ravis de vous faire partager nos découvertes et réflexions sur ce blog avant notre départ.</p>
<p>Elodie</p>
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